Êtes-vous un bon patron?

7656910581_WfPZM.jpg

Beaucoup de gens pensent que la productivité d’une entreprise est plus élevée si le personnel est satisfait. Il n’existe pourtant aucune preuve scientifique qui étaye une telle théorie.C'est du moins l'avis d'Henk Volberda, professeur de management stratégique et de politique d’entreprise à la Erasmus Universiteit.  

Les entreprises doivent parfois entreprendre des actions stratégiques ou subir des changements qui suscitent presque toujours du ressentiment. Si la satisfaction est très élevée, les employeurs devraient plutôt froncer les sourcils: ce pourrait même être un signe de stagnation. Comment reconnaît-on alors un bon patronat?

L’implication

L’implication des employés est un meilleur critère. Ce terme mesure à quel point les employés s’identifient à l’entreprise et à sa stratégie. Mais l’implication n’est pas non plus un critère infaillible pour détecter un bon patronat. “Si un travailleur est en fonction chez un mauvais employeur, mais réalise de bonnes prestations individuelles et reçoit du coup un généreux bonus, il y a de fortes chances qu’il révèle une forte implication lors d’une enquête », explique Volberda.  

Jos Plompen, directeur de l’institut néerlandais Great Place to Work, est également d’avis que l’implication n’est pas le meilleur jalon. “La mesure de l’implication appartient encore à l’ancien contrat psychologique, dans lequel on échange de l’argent contre du dévouement”, dit Plompen.

La confiance

Il soutient par contre le nouveau contrat psychologique, qui propose l’égalité entre travailleurs et employeurs. Il n’est plus question ici d’implication ou de satisfaction, mais de confiance. C’est pourquoi l’institut dresse chaque année une liste des meilleurs employeurs, établie sur la base de ce critère.

La fierté et le plaisir sont également pris en compte pour établir la liste. Les employeurs qui ressortent en tête obtiennent également, selon Great Place to Work, d’excellents résultats en termes de flux, d'absentéisme,  de satisfaction des clients, d'innovation, de position sur le marché, de productivité, de rentabilité et, cerise sur le gâteau, de prestation boursière.

Mais la confiance n’est toutefois pas un critère infaillible. D’autres facteurs entrent en jeu, telle que la situation du marché. Il se peut aussi que la confiance ne mène pas l’entreprise à de meilleurs résultats, mais bien l’inverse: que de bons résultats amènent davantage de confiance.

Le bonheur

Selon Onno Hamburger, connu en tant que ‘coach en bonheur’, il vaut mieux s’intéresser au bonheur. S’y retrouvent le plaisir, la satisfaction et la motivation au travail. Un nouveau style de management est nécessaire, qui sera plus orienté sur les relations entre les travailleurs que sur les structures organisationnelles : le ‘connected leadership’.

Volberda fait tout de même une observation: le danger est que tous les esprits prennent la même direction. “Une culture si homogène ne bénéficie pas à tous les indicateurs. L’innovation, par exemple, est portée par la diversité”, explique-t-il.

Carien Karsten, psychologue, approuve l’importance du facteur “bonheur”, mais complète le principe différemment qu'Onno Hamburger. Elle voit, à côté de la satisfaction, la réalisation de soi et l’épanouissement comme indicateurs d’un bon patronat.  

Cette fois encore, Volberda a une objection. Le bonheur est mesurable uniquement chez les travailleurs qui ont suivi de hautes études. “Un ouvrier de production qui fixe les vis de rasoirs dans une organisation bornée, puise son bonheur en dehors de travail, auprès de sa famille, au café ou au football. Il n’en a rien à faire du ‘connected leadership’. ”

Le bon patron : qui est-il ?

Il résume un bon patron à “quelqu’un qui offre un style de management innovateur et de la place pour le professionnalisme, qui porte de l’attention à la qualité du travail et au plaisir de travailler, et entretient de bons contacts avec les actionnaires.”

Texte : Jonas Stevens – Source : Management Team

Lire aussi :
Un patron peut-il extérioriser ses sentiments ?
Comment motiver vos collaborateurs ?