40% des travailleurs souhaitent changer d’emploi
Un exode va-t-il se déclencher une fois la crise passée? Economies drastiques, arrêt des embauches, licenciements… Depuis près d’un an et demi, les entreprises belges souffrent de la crise économique. Comment les travailleurs vivent-ils la situation?
Les employés ont-ils toujours confiance dans leur entreprise? Sont-ils impatients de trouver un nouvel employeur une fois la crise terminée? References a recolté quelques chiffres.
Le bureau de consultance Towers Watson a interrogé entre novembre 2009 et janvier 2010 20.000 travailleurs dans 22 pays. Leurs conclusions ne laissent aucun doute: les employés souffrent de la récession. Les travailleurs ont revu à la baisse leurs attentes salariales.
Changer de travail? Bien au contraire
Ce ne sont pas le plaisir de travailler ou les opportunités de promotion qui sont recherchés avant tout, mais bien la sécurité. L’enquête révèle également que la confiance dans le management des entreprises a atteint un plus bas absolu. Les travailleurs se demandent si leurs patrons sont vraiment compétents. Comptent-ils dans ce cas changer de travail? Bien au contraire.
Seuls 4% des travailleurs belges déclarent être aujourd’hui activement à la recherche d’un autre boulot. Mais 37% changeraient immédiatement si une nouvelle opportunité d’emploi se présentait spontanément. La recherche de sécurité combinée à la démotivation des employés forme un cocktail dangereux.
En Grande-Bretagne, on appelle ce phénomène le ‘ghost turnover’: les entreprises sont confrontées à des employés démotivés, qui restent quand même fermement installés à leur place, car la crise les empêche d’en faire autrement. Ce sont alors des ‘fantômes’, qui sont présents au travail, mais ne sont pas productifs.
Une enquête réalisée par Vacature en janvier 2010 confirme également cette tendance. Sur le sujet «Emploi: crise ou reprise?», les répondants ont été sondés sur les signaux négatifs ou positifs au travail. Quatre personnes sur 10 (41%) ont vu un collègue se faire licencier au cours des 6 derniers mois (contre 28% en 2009).
1 travailleur sur 3 souhaite changer d’employeur
Un répondant sur 3 s’attend même à être licencié dans les 6 prochains mois. Il n’est dont pas étonnant que le mécontentement des travailleurs ait augmenté: alors qu’ils étaient encore 75% à être satisfaits de leur job en 2009, ils n’étaient plus que 67% en janvier 2010.
Un travailleur sur trois a déclaré vouloir changer d’employeur, 40% disent même qu’ils le feront après la crise. D’un sondage récemment mis en ligne sur references.be ressort que 55% des travailleurs recherchent, activement ou pas, un nouveau défi.
Il n’est dont pas illusoire de penser qu’un exode se déclenchera dès que la crise sera terminée.
Texte: Ann Lemaître
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