Amandine Caprasse, 24 ans, chef de projet au Mali
Nom Amandine Caprasse
Âge 24 ans.
Formation Master en génétique appliquée et biotechnologie à l’ULB.
Revenus 1 700 € brut par mois.
Objectif dans la vie Aller vers l’autre, mon leitmotiv de vie.
Principale qualité À l’écoute.
Principal défaut Ne pas savoir dire non.
Conseil aux plus jeunes Foncer sans avoir peur d’enfoncer les portes qu’il faut.
Étudiante, Amandine Caprasse n’était pas vraiment intéressée par les questions de coopération. Du moins avant d’entamer son mémoire de fin d’études et de s’envoler au Mali pour travailler à la mise au point d’un agrocarburant à base d’huile végétale. Depuis un an et demi, elle vit en Afrique et est devenue chef de projet pour une ONG.
« Je vous préviens : si la connexion se coupe, ne vous inquiétez pas, c’est qu’il y a un problème de courant. Le temps que je branche le générateur, il y aura peut-être un battement de dix minutes avant que je puisse vous rappeler. » Bienvenue au Mali ! Depuis qu’elle y séjourne, Amandine Caprasse a eu le temps de se familiariser avec cette ligne téléphonique laborieuse et cette liaison internet capricieuse.
Par chance, la ligne se révèle finalement on ne peut plus claire. On en oublierait presque les 4 000 km qui nous séparent de cette Hulpoise de 24 ans et de son nouveau lieu de résidence, Koutiala, troisième ville la plus peuplée du Mali. Surnommée « capitale de l’or blanc » en raison de son importante production de coton. Ce n’est pourtant pas de l’huile cotonnière qu’Amandine Caprasse étudie, mais de l’huile de Jatropha curcas, du nom de ce petit arbuste qui peuple massivement la région.
En octobre 2010, fraîchement diplômée de la faculté de bioingénierie de l’ULB, elle est embauchée par l’ONG française Geres pour superviser un projet d’envergure : créer un agrocarburant à partir de cette huile de jatropha. « Il s’agit de mettre au point tous les protocoles d’analyse, de réfléchir aux techniques d’extraction ou à l’implantation des futures usines. »
La jeune fille n’a pas atterri à Koutiala par hasard. Le premier contact avec cette ville s’est déroulé durant la réalisation de son mémoire de fin d’études. « Geres recherchait des étudiants francophones afin de participer à ce projet. Nous étions dix à répondre, j’ai été sélectionnée et j’ai été passer trois mois là-bas. »
Ses recherches lui vaudront de remporter le prix Ingénieurs sans frontières, qui récompense chaque année la meilleure étude s’intéressant à une problématique présente dans les pays du Sud, ainsi que le prix du meilleur mémoire décerné par l’association des diplômés de la Faculté des sciences. « Avant cela, je n’étais pas spécialement sensibilisée aux questions liées à la coopération, même si je m’étais toujours intéressée à ce qui se passait ailleurs. J’avais participé à un programme d’échange au Canada et, depuis, j’avais envie de partir à l’étranger. Alors, quand l’ONG m’a proposé de travailler là-bas, je n’ai pas hésité. »
Sa mission devait durer cinq mois. Mais, entre-temps, un poste de chargée de projet s’est libéré et Amandine a décroché le job. Un contrat de trois ans. « C’était maintenant ou jamais. Puis Geres m’a confié un poste à responsabilités, c’était une opportunité que d’autres employeurs ne m’auraient peut-être pas donnée à mon âge. Depuis que je suis ici, j’écarquille les yeux… La vie est tellement différente. Pas de sortie, pas de ciné… Du coup, on ne vit presque que pour le boulot. Les loisirs, c’est boire le thé avec les Maliens. Ces échanges, c’est vraiment très enrichissant. »
Amandine Caprasse ne fait pas ça pour l’argent, dit-elle. « On croit toujours que ceux qui travaillent dans ce genre d’organisations empochent des fortunes. Ce n’est pas le cas. Je gagne 1 700 € brut par mois. » Et cela lui convient très bien comme ça. Après ? « On verra. Pas de plan de carrière. Je préfère que les jeux restent ouverts… »
Mélanie Geelkens