André Flahaut: "Mon premier salaire, 10.000 francs belges"

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Parti en retraite l'homme politique nivellois? C'est mal connaître ce boulimique du travail. Le président de la chambre vient d'être bombardé médiateur par le Roi Albert II. Retour sur le tout premier job du socialiste brabançon.André Flahaut a déjà une longue carrière politique derrière lui. Après la perte du ministère de la défense en 2007, la carrière d'André Flahaut ne semblait plus promise à un rôle de premier plan.

Et pourtant, à 55 ans, l'homme a rebondi en accédant récemment à l'un des postes en vue de la politique belge: président de la chambre. Aujourd'hui, le voila appelé, avec Danny Pieters de la N-VA, pour relancer les discussions, les débats en vue d'arriver à un accord au niveau fédéral.

Il fut trois fois ministre fédéral avec deux passages par l'armée. Il revient sur sa toute première expérience professionnelle.

Quel fut votre tout premier job?

"J'avais 24 ans et je venais d'achever mes études de Sciences Politiques. J'ai alors eu la chance d'être engagé comme collaborateur extérieur au centre d'études Emile Vandervelde. C'était avant mon service militaire. J'ai ensuite gravi les échelons: attaché, conseiller, directeur... Ma tâche, au début, était de suivre certains dossiers politiques de l'époque comme les classes moyennes et les indépendants."

Vous souvenez-vous de votre tout premier salaire?

"Absolument... C'étaient 10.000 francs belges! Cela ne représentait pas grand chose mais je m'en souviens bien. C'était déjà plus que du simple argent de poche. J'oubliais aussi que j'ai eu droit au remboursement de mon abonnement à la SNCB. Je prenais tous les jours la liaison Chastre-Bruxelles."

Quelles furent vos premiers acquis professionnels?

"Il est certain que j'ai eu une grande chance de pouvoir entrer immédiatement, après avoir décroché mon diplôme, auà l'institut Vandervelde. J'ai donc rapidement opéré la fusion entre ma passion et mon métier. J'ai directement baigné dans mon domaine de compétences. Il n'y a donc pas eu de job intermédiaire. J'y ai surtout appris à beaucoup travailler, ce que je fais encore aujourd'hui. Je ne prends jamais de vacances."

Votre fin de carrière rêvée?

"Mon métier est ma passion. Je stopperai la politique lorsque je sentirai que je deviens un poids pour les autres ou si une certaine lassitude s'installe en moi. Mais, je poursuivrai ma vie professionnelle ailleurs. Je serai peut-être actif  dans le secteur de la solidarité internationale ou dans diverses associations. Pour moi, l'âge, c'est une question d'état d'esprit. Je connais des jeunes qui ont 80 ans dans leur tête et des octogénaires plein de vitalité..."

Vos conseils aux jeunes qui se lancent sur la marché du travail?

"Je rencontre souvent les jeunes. Je leur tiens toujours le même discours: il faut oser, il faut vouloir, il faut surtout beaucoup parler. Je leur dit également qu'il n'y a pas de modèle unique d'ascension sociale. Le chemin tracé humanités générales-université-grande carrière n'est pas toujours un gage de bonheur futur. Les jeunes doivent se sentir en parfaite harmonie avec leur avenir. Il ne faut fermer aucune porte, tenter l'expérience au niveau local et international, pratiquer les langues... Et, surtout, être actif dans la vie sociale pour sentir la réalité."

 

Texte: Laurent Depré

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