Chômeur à 50 ans, pas une fatalité

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Outplacement. Les chiffres sont formels : le chômage est une épreuve encore plus difficile passés les 50 ans. Seuls 1 à 3 % des demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus retrouvent chaque mois un travail, contre un taux de 15 % chez les moins de 25 ans.

Victimes de clichés

La situation dans notre pays est particulièrement préoccupante. Un cinquantenaire belge dispose en effet de huit fois moins d’opportunités d’emploi qu’un Norvégien. La faute à qui ? Selon Jacques Hermans, public affairs manager chez Randstad, spécialiste des ressources humaines, de l’intérim et de l’outplacement, « les 50 ans et plus souffrent avant tout des préjugés liés à leur âge. Les employeurs craignent que ceux-ci soient moins flexibles, moins adaptés aux nouvelles technologies, et plus exigeants en matière de rémunération. Il faut ajouter à cela le fait que les demandeurs d’emploi plus âgés possèdent parfois une mauvaise image d’eux-mêmes.»

Qualités: flexibles, matures, loyaux...

Heureusement, la réalité sur le marché de l’emploi n’est pas aussi sombre que ce que l’on pourrait croire. Jacques Hermans le souligne : « Contrairement aux idées reçues, les cinquantenaires sont davantage flexibles que d’autres car leur situation familiale s’avère plus stable – ils ont encore rarement des enfants à charge. Ils disposent de nombreux autres atouts tels que la maturité, la stabilité, la loyauté et j’en passe ! Aussi, la politique est telle qu’ils peuvent permettre à leurs employeurs de bénéficier de compensations financières. »

Dans les faits, les 50 ans et plus qui retrouvent un emploi le doivent surtout à leur réseau de contacts et, à moindre échelle, aux offres d’emploi. À en croire Randstad, l’intérim peut aussi s’avérer un excellent tremplin vers un emploi fixe. Pour certains, comme Liliane de Baets (57 ans), il est même un choix délibéré. « Je suis veuve et pour continuer à toucher ma pension, je dois limiter mes revenus, témoigne-t-elle. L’intérim est la solution idéale pour moi car il me permet de gérer mon travail, et donc mes rentrées d’argent. »

Mettre en avant son expertise

Les opportunités sont bel et bien réelles pour les 50 ans et plus, mais la difficulté reste de se remettre en selle. Conscient de cette problématique, Randstad aiguille souvent ces demandeurs d’emploi vers son programme d’outplacement Galilei. Celui-ci permet aux candidats d’avoir une meilleure connaissance d’eux-mêmes et du marché de l’emploi, d’apprendre à postuler, etc. « On conseille entre autres à ces chômeurs plus âgés de proposer leur expertise et non de demander un travail », confie Jacques Hermans.

Licenciée à 58 ans, Anny Amato a participé au programme Galilei. « Cela m’a permis de retrouver de la sérénité et de me remettre dans le bain, témoigne-telle. À l’heure actuelle, j’ai fait le choix de travailler quelques jours par semaine dans le secteur des ONG. J’ai voulu lancer une activité d’indépendante, mais le soutien de la couveuse emploi du VDAB m’a été refusé en raison de mon âge. Le VDAB m’estime trop vieille pour être indépendante, mais par contre il me propose régulièrement des offres d’emploi dans des endroits très éloignés de mon domicile… ».

Preuve qu’en dehors des mentalités, la politique doit elle aussi s’adapter.

Texte: Marie-Eve Rebts

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