Combien gagne Jérôme D'Ambrosio?

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Un grande nouvelle pour le sport automobile belge qui n'avait plus rien eu de concret à se mettre sous la dent en F1 depuis Bas Leinders. Le Belge Jérôme D’Ambrosio a signé comme pilote titulaire de F1 chez Virgin dont l’appelation exacte pour l’année prochaine sera Marussia Virgin Racing. Il sera pour un an l’équipier de l’Allemand Timo Glock.

Le Belge s’était retrouvé au volant d’une monoplace de l’écurie Virgin lors des essais libres du vendredi à l’occasion de quatre des cinq derniers Grand Prix de la saison 2010. D'Ambrosio a donc convaincu et deviendra, le 13 mars prochain, lors du premier Grand Prix à Bahrein, le premier Belge engagé en championnat du monde de F1 depuis Philippe Adams en 1994 (Lotus).

Il y a quelques mois, nous avions rencontré Pierre Van Vliet, rédacteur en chef de F1 Magazine, qui connaît Jérôme D'Ambrosio depuis son plus jeune âge et continue d'assurer un rôle de mentor auprès du jeune pilote. Retour sur ce début de carrière.

 

Pouvez-vous nous parler du parcours scolaire de Jérôme?

"Après ses primaires, il décida de son propre chef, sans doute un peu influencé par un copain, de s'inscrire à la St John's International School. Aujourd'hui, avec la vie de globe-trotter qui est la sienne, on se rend compte de l'influence positive et utile de cette école. Il y aura côtoyé de nombreuses langues et cultures différentes, ce qui l'aide clairement aujourd'hui dans sa vie professionnelle. Il vit et travaille en anglais, c'est son milieu à présent."

D'où lui vient cette passion pour la course?

"Son père possédait une concession automobile. Jérôme fait du karting depuis ses douze ans. Il sera d'ailleurs couronné champion du monde dans la discipline. En 2002, la RACB, sous l'impulsion de feu John Goossens, crée une académie espoirs qu'il intègre. Il devient champion de Belgique espoirs l'année suivante. Ensuite, il poursuit sa formation dans les championnat de France et d'Italie. Il y apprend les bases de la conduite en monoplace."

En 2007, il va faire un choix qui s'avère payant.


"Tout à fait. Il n'a alors malheureusement pas les budgets nécessaires pour se lancer en World Series ou en GP2. Jérôme décide alors de se lancer dans l'aventure de la Master Formula qui venait à peine d'etre créée. C'est un peu l'équivalent de la F3 si vous voulez. Il remporte ce championnat et décroche ensuite un ticket d'essai pour des courses en GP2. Grâce à de nouveaux sponsors qui croient en lui comme les Luxembourgeois de Gravity Sport Management, il y passe deux très bonnes saisons. Puis, Gérard Lopez rachète l'écurie Renault. Le même Lopez est aussi un investisseur dans un consortium dont Gravity fait partie... Je vous laisse comprendre la suite des heureux évènements pour D'Ambrosio."

Comment arrive-t-on à un tel niveau?

"Vous devez vivre à 100% pour votre métier ou votre passion. Je dis souvent que Jérôme n'a pas pu vivre une jeunesse comme celle des autres: pas de sortie, pas d'alcool, manger équilibré, faire attention, du travail, toujours du travail... Tout est sacrifié pour arriver à son objectif. Alors, bien entendu, il faut un minimum de talent inné, mais combien d'heures de travail et de volonté inflexible..."

Comment s'y maintient-on?

"Rien n'est laissé au hasard! Des types capables de bien piloter ces bolides, il en existe peut-être cinquante sur la terre. En plus de l'aspect sportif et des performances physiques ou techniques, il y a toutes les autres composantes du métier: networking, managing, marketing... Jérôme D'Ambrosio est désormais une marque, un produit. Il faut en permanence convaincre les investisseurs."

 
Et si cette expérience en F1 devait brutalement s'arrêter?

"C'est de l'ordre du possible mais cela ne serait pas aussi dramatique qu'il n'y paraît. Il serait sans aucun doute contacté par d'autres constructeurs pour participer au championnat américain d'Indy Car, au championnat de voitures de tourisme, au 24h du Mans..."

Une fois la carrière sportive achevée, quid?

"Nous constatons que les coureurs automobiles suivent deux types de reconversion une fois "le volant raccroché". Il y a ceux pour qui l'adrénaline des courses et des paddocks est comme l'oxygène. Ceux-là deviennent alors manager, consultant tv, crée une école de pilotage... Et puis, il y a les autres qui deviennent des entrepreneurs. Fort de leur réseau créé pendant leur carrière, ils lancent leur business et connaissent une toute nouvelle vie professionnelle. Le plus bel exemple de réussite de reconversion, et qui nous est proche, est celui de Thierry Boutsen qui est devenu patron d'une compagnie d'aviation privée à Monaco."

Que gagne un pilote d'essai d'une écurie de F1? (NDLR: Notons qu'il va certainement renégocier son contrat à présent...)

"C'est très variable. A ce stade-là, on ne peut parler de money making business. Moi, j'ai l'habitude de dire qu'à 24 ans beaucoup d'autres sont encore aux études ou démarrent timidement dans le monde du travail. Il est employé chez Renault F1, c'est quand même pas mal. Les pilotes d'essai ont un petit salaire de base. Je dirais qu'ils gagnent 50.000€ sur l'année. Bien sûr, tous leurs frais sont pris en charge. Et il peuvent améliorer leur fixe par des bonus en cas de bons résultats, via le soutien de petits sponsors et des actions ponctuelles de promotion..."

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