Combien gagne un accompagnateur de voyage?
Georges Depoorter, 61 ans, a derrière lui une carrière d’officier de la marine. Depuis qu’il a pris sa retraite, il est indépendant complémentaire et accompagne les touristes étrangers lors d’excursions en Belgique. Sa spécialité? La première et seconde guerre mondiale. Peut-il vivre de cette activité?
En quoi consiste votre job?
"J’accompagne des groupes d’étrangers en Belgique. Parfois pour quelques heures, parfois pour quelques jours. Un groupe de touristes qui fait un tour en bateau à Bruges ou une société qui offre à ses clients un tour de la Belgique… C’est une activité très variée, rien à voir avec un boulot de fonctionnaire."
"Je ne fais pas de publicité. La réputation se construit petit à petit et la demande augmente. J’ai maintenant plusieurs employeurs, parmi lesquels quelques organisateurs d’événements. On ne croirait pas, mais c’est en ce moment une période calme pour moi, parce que beaucoup de ces bureaux tournent au ralenti. Les mois les plus chargés sont mai, juin, septembre et décembre. Il y a des hauts et des bas."
Pourquoi êtes-vous devenu accompagnateur de voyage?
"Lorsque je travaillais dans la marine, j’accompagnais parfois des équipages étrangers dans des excursions à Bruges ou à Gand. Comme je ne savais pas toujours répondre à leurs questions, j’ai commencé à rechercher davantage d’informations. Et petit à petit, j’ai approfondi mes connaissances. J’étais donc déjà depuis un petit temps dans le domaine lorsque j’ai entamé ma formation."
Quelle formation avez-vous suivi?
"Pour devenir accompagnateur de voyage, il faut suivre une formation dans un institut reconnu. Ce peut être un espace formation, un centre de formation pour adultes ou une organisation socioculturelle. Vous pouvez opter pour le module guide touristique ou pour le module accompagnateur de voyage. J’ai suivi l’option accompagnateur de voyage, mais dans la pratique, je fais un peu des deux. Les cours que nous suivons pendant cette formation de deux ans sont très variés : histoire, psychologie du voyageur, réglementations pertinentes (comme les temps de repos et de conduite pour les chauffeurs de bus, …), lecture de paysages, … Il faut aussi partir régulièrement en excursion afin d’apprendre à planifier des voyages. Il faut aussi présenter un examen final."
Combien gagnez-vous par mission? Pouvez-vous en vivre?
"Le prix varie selon l’employeur et la ville, mais oscille en général de 25 à 35 euros de l’heure. C’est une question d’offre et de demande. Je ne pense pas que beaucoup de guides ou d’accompagnateurs de voyage peuvent vivre de leur activité. La plupart le font sur base volontaire ou comme travail d’appoint. La principale motivation reste l’intérêt personnel ou l’engagement régional ou culturel. Pour en faire un emploi à plein temps, il faut travailler pour un grand tour opérateur et faire de plus longs voyages avec les groupes."
Comment vous mettez-vous à jour?
"Le brevet de guide ou d’accompagnateur est valable pendant 5 ans. Pour le faire renouveler, il faut se professionnaliser de façon ‘permanente et décelable’. En suivant des formations ou en continuant à étudier. J’ai suivi un cours sur la mer, pour pouvoir aussi y accompagner des groupes. Hier encre, j’ai accompagné un groupe en bateau jusqu’à la Thornton Bank dans la mer du Nord, pour leur faire voir le parc à éoliennes."
"Pendant mes visites, j’utilise volontiers du matériel audiovisuel. Jusqu’il y a peu, toutes les photos se trouvaient dans une farde. A présent, j’ai acheté un iPad et je peux tout présenter de manière électronique. Selon moi, les photos ont une valeur ajoutée importante pour le voyageur. Il ne veut pas découvrir un pays de façon scolaire, mais il souhaite avant tout s’amuser. C’est au guide de partager ses connaissances de manière distrayante."