Combien touchent les grévistes (et non-grévistes) d’AB Inbev?

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Voici douze jours que les travailleurs de la brasserie AB Inbev sont partis en grève. Motif : protester contre la menace de licenciement de 263 collaborateurs. Mais au fait, quelle rémunération perçoivent-ils durant leur action ? Et… les salariés non-grévistes sont-ils payés normalement ? Les réponses – étonnantes – de Geert Vermeir, conseiller juridique auprès du centre de connaissances juridiques de SD Worx.

Aujourd’hui, c’est un jour J (de plus) pour AB Inbev. La direction appelle à une réunion de conciliation qui devrait mettre un terme à la grève. Et il est temps, car les entrepôts tournent au ralenti au niveau des approvisionnements et les conséquences se font de plus en plus lourdes pour l’entreprise.

Pas de salaire

Pour les grévistes non plus, l’action n’est pas une partie de plaisir. Outre les menaces de licenciement qui les ont conduits à installer des piquets de grève, les grévistes ne perçoivent pas de salaire pendant la grève. “Pour les salariés, le droit à la grève est reconnu sur le plan international. Cela signifie que leur contrat de travail est suspendu pour un motif légal fondé et qu’ils n’ont pas droit à une rémunération. L’employeur n’est pas obligé de verser un salaire aux travailleurs qui ne fournissent pas de prestations”, explique Geert Vermeir, conseiller juridique auprès du centre de connaissances juridiques de SD Worx.

30 euros par jour

“Ce qu’ils reçoivent en échange dépend du fait qu’ils sont syndiqués ou pas. Ceux qui ne sont pas syndiqués ne reçoivent rien. Les ouvriers syndiqués reçoivent une indemnité de grève prélevée dans la caisse syndicale. Je ne connais pas le montant de cette indemnité. Il varie en fonction des syndicats, même s’il est vraisemblablement du même ordre partout.”

Tanguy Cornu, secrétaire fédéral de la FGTB: “L’indemnité que nous versons à nos membres grévistes est de 30 euros par jour. C’est la règle, mais je tiens à souligner que tous les travailleurs ne participent pas à l’action et que certains continuent à travailler.”

Et les non-grévistes?

Pour les non-grévistes d’AB Inbev, la situation est différente. L’employeur n’est pas non plus tenu de leur payer un salaire, même s’ils se comportent de manière normale et se présentent au travail à l’heure normale ou s’ils doivent interrompre leurs activités en raison de la grève.

“Ils ont en revanche droit au versement d’une assurance-chômage. Mais cela doit être approuvé par le comité de gestion de l’ONEM et dans la pratique, ce n’est pas souvent le cas”, ajoute Geert Vermeir. “Pour la simple et bonne raison que plusieurs conditions doivent être remplies. Le comité vérifie spécifiquement deux éléments : 1) le fait que les employés concernés ne font pas partie des grévistes et 2) qu’ils n’ont aucun intérêt à ce que les revendications des grévistes soient approuvées. L’ONEM évite ainsi de se mouiller dans le conflit social.”

Mauvaise posture

Pour les non-grévistes d’AB Inbev, la situation ne se présente donc pas très bien, selon Geert Vermeir. “Si vous appliquez ces principes ici, je crains qu’ils ne reçoivent pas d’allocation. La raison est simple : l’ensemble du personnel d’AB Inbev profiterait de la satisfaction des revendications des grévistes. Le comité de gestion n’applique donc pas très souvent le versement de l’allocation : en cas de vague de grève d’un ou plusieurs jours dans notre pays et/ou si des personnes ne peuvent se rendre à leur travail parce qu’un piquet de grève d’une autre entreprise leur bloque l’accès...”

Texte : Dominique Soenens

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