Comment dire non à son patron?
Supposons que votre entreprise vient de licencier plusieurs personnes et que votre employeur vous demande de reprendre certaines tâches. Le hic, c’est que vous ne voyez vraiment pas comment vous allez pouvoir assumer. Pouvez-vous refuser ? Et si oui, comment procéder ? Nous avons posé la question à Ilse Claes (People in Motion), formatrice en communication assertive.
Osez négocier
“La communication assertive au travail ne se limite évidemment pas à savoir dire ‘non’. Il s’agit également de parvenir à une solution de manière constructive et en privilégiant l’intérêt commun. En ne refusant une tâche que dans votre propre intérêt, vous risquez de pénaliser vos collègues. Et en période de crise, dire non est encore plus délicat. Ce qui ne veut pas dire que vous devez vous laisser faire. Une dose équilibrée d’affirmation de soi est cruciale.
“Mon conseil : apprenez à prendre la température et à reconnaître la culture communicationnelle de votre entreprise. N’ayez pas peur de négocier. N’est-il pas possible de déléguer certaines tâches à d’autres ? Peut-être pouvez-vous envisager de les reprendre temporairement, pour revenir ensuite à vos tâches habituelles ?”
Un bon compromis: dire ‘oui’ d’abord
"Tâchez de dire temporairement oui avant tout. Vous ferez ainsi preuve de bonne volonté, ce qui vous permettra de dévoiler les points névralgiques dans la foulée. Vous placerez ainsi le demandeur face à ses propres responsabilités, sans heurter sa susceptibilité. Inutile de vouloir tout accepter.
"Vous pouvez aussi dire que vous avez besoin d’y réfléchir. Les personnes qui disent facilement oui ont particulièrement intérêt à adopter cette tactique. Cela permet de dresser le pour et le contre. Même ceux qui savent parfaitement s’affirmer peuvent avoir besoin de réprimer leur première impression et de prendre un peu de recul. Lorsque vous serez prêt(e) pour la confrontation, posez des questions très précises. Dialoguez. Ce type d’attitude est perçue comme plus mûre et professionnelle.”
Évitez la voie de la moindre résistance
"Dernier conseil, de l’employeur en personne : on est souvent tenté de confier des tâches à ceux qui disent facilement oui, et qui ne posent donc pas trop de questions critiques, même s’il ne s’agit pas toujours des personnes les plus indiquées pour le travail en question. Osez donc faire votre autocritique et ne choisissez pas systématiquement la voie de la moindre résistance."
Texte : Nico Schoofs