Comment Elio Di Rupo réussira-t-il ses négociations?

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Le préformateur Elio Di Rupo vient de passer une semaine autour de la table des négociations avec 7 partis différents. Une mission éprouvante, et qui n’est pas encore terminée. Quels sont les pièges Elio doit-il éviter et quelles techniques employer pour atteindre le succès?

“Je vois trois grandes difficultés dans ces négociations”, dit Peter Engelborghs, coordinateur, coach et consultant chez Management, Consulting & Research (MCR). Cette spin-off de la K.U.Leuven est spécialisée dans la formation et l’accompagnement sur mesure et dans les compétences en management, le coaching et le développement dans les processus de changements.

Difficultés de compréhension

“Lorsque l’on aborde des sujets difficiles, comme ceux négociés en ce moment, les partis discutent parfois à des niveaux différents. L’un se concentrera sur le problème en soi, pendant que l’autre défendra son propre point de vue, et qu’un troisième évoquera les solutions concrètes à adopter. On voit par exemple ces différences dans le cas du problème Bruxelles-Halle-Vilvorde. Il est alors très difficile d’atteindre un consensus. Il faut donc avant tout établir quel est le problème, puis les différents points de vue et solutions. Pour arriver à de bonnes négociations, il faut parler au même niveau.”

Implication

“Avec des figures proéminentes comme Elio Di Rupo et Bart De Wever, on court le risque qu’ils se voient attribuer la ‘propriété’ des négociations et de la formation du gouvernement. Les autres partis ne considèrent plus comme leur responsabilité d’arriver à une solution commune. Elio Di Rupo devrait donc mettre l’accent sur une réflexion collective pour trouver des solutions communes. Pour ce faire, il est primordial de tracer un cadre solide et de bien préparer les négociations.

La difficulté dans un dossier aussi compliqué est également le nombre important de spécialistes consultés. Les politiciens sont alors dépossédés de la discussion, qui se déroule entre les différents experts. Un danger dont Elio Di Rupo doit à tout prix se méfier : les politiciens doivent être impliqués au maximum.”

Vendre les solutions à la base

“Lors de négociations gouvernementales, le public et la base des partis jouent un rôle important. Les partis ne donneront leur accord à certaines solutions que s’ils se sentent capables de les vendre à leur propre base. C’est pourquoi il vaut mieux laisser les partis réfléchir à un plan de campagne. Demandez-leur quels sont les facteurs qui les freinent ou les stimulent pour transmettre un programme politique au grand public ou à leur propre base. C’est ce que l’on appelle également l’analyse des champs de force. Laissez-les construire leur propre argumentation et recherchez des arguments communs. Ainsi, chaque parti se sentira impliqué dans la solution commune qui sera trouvée.”

Techniques

La discussion en trois étapes

“Une technique de réunion efficace est la ‘discussion en trois étapes’. L’animateur du débat écrit quelques questions et laisse tout le monde y réfléchir individuellement pendant une demi-heure. Ensuite, des sous-groupes sont formés et les mêmes questions – elles peuvent être formulées différemment sont discutées. Le mieux est de faire changer les sous-groupes en cours d’exercice, afin d’éviter les coalitions. Finalement, les solutions sont proposées au groupe tout entier. Un tel système offre suffisamment d’espace à la réflexion et à la ‘répétition émotionnelle’. Le même sujet est discuté trois fois, ce qui permet aux émotions que peut ressentir une personne par rapport à ce thème de s’atténuer. Elle sera alors ouverte à d’autres opinions.”

Visualiser le problème

“Essayez de rendre le problème visuel. Utilisez par exemple un flipchart. ‘Regarder ensemble’ le problème, au sens littéral, créera un sentiment d’unité dans le groupe. Le débat se fera alors dans la collaboration plutôt que dans l’opposition.”

Les opposants côte à côte

“Une autre technique simple mais très efficace est de placer les principaux opposants côte à côte plutôt que face à face. Ils entreront ainsi moins facilement en conflit et les autres partis pourront participer plus facilement au débat.”

Texte: Mies Cosemans

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