En 2011, prenez votre carrière en main
Comment vous remettre en question tout en gardant le contrôle et en évitant les pièges à l’embauche ? Voici quelques conseils recueillis auprès de professionnels. Histoire de booster votre mobilité sans risquer de faire le mauvais choix.
OUI
Faites un bilan de compétences
Dans une vie professionnelle où la plupart des salariés ont le nez dans le guidon, le bilan de compétences permet de se poser et de faire le point. Plutôt que rechercher l’avis d’un proche, c’est l’occasion de bénéficier du regard d’un professionnel, neutre et objectif. En identifiant les lacunes et handicaps, le bilan est un bon point de départ pour proposer des formations et des corrections. À la fin du bilan, le candidat doit disposer des bases pour agir et se relancer, mais aussi parfois des arguments pour ne rien changer.
Activez votre réseau social
et intégrez des groupes par l’intermédiaire des écoles, des associations de recherche d’emploi, de reprise d’entreprises. Quelque 80 % des offres sont issues du marché caché. Selon les professionnels, c’est par le réseau que se dénichent 70 % des postes de cadres. Environ 20 % se trouvent par les annonces. Et les 10 % restants par les cabinets de recrutement ou de chasseurs de têtes.
Communiquez à l’externe
Assurez-vous que les recruteurs sélectionnés disposent toujours d’un CV actualisé. Même si vous ne souhaitez pas changer d’emploi, participez régulièrement à un entretien. Cela vous permettra de tester le marché et de vous entraîner à vous présenter.
Dialoguez à l’interne
Clarifiez votre position et vos attentes avec votre employeur. Envoyez à l’occasion un signal à votre hiérarchie pour lui faire savoir que vous avez été contacté, mais que, pour l’instant, vous préférez rester dans l’entreprise. Vous pouvez même faire mieux : comme l’entreprise connaît généralement son présent et son passé, étonnez-la en engageant la discussion sur son futur. Quel avenir pour ses produits, ses marchés et ses clients ?
Sachez saisir les occasions et vous jeter à l’eau.
Il est plus facile de changer de travail quand on a un emploi que quand on est sans boulot. Se proposer pour des projets ou des tâches dont personne ne veut est une bonne méthode pour prouver à sa hiérarchie l’engagement vis-à-vis de son job et de son entreprise. Même s’il n’est pas assuré, le retour n’en sera que positif. La mobilité interne est aujourd’hui la première voie de recrutement.
Restez souple
De nombreux chercheurs d’emploi imaginent qu’ils vont occuper la même fonction dans la même zone géographique, alors que l’on aura peut-être besoin d’eux, mais ailleurs, dans un autre métier ou dans un autre pays.
Prenez le pouls de la profession
Participez à des événements et suivez les développements de votre domaine de spécialisation. Les évolutions techniques et technologiques de votre domaine d’expertise doivent être maîtrisées. Les mutations de l’environnement de l’entreprise et du secteur dans lequel vous évoluez également. Devenir membre d’une organisation professionnelle est également un atout. Sans surprise, les personnes bien informées sont les plus aptes à faire évoluer leur carrière.
Valorisez votre formation
En début de carrière, faire appel aux connaissances apprises lors de son cursus d’études supérieures est le principal atout dont le salarié dispose. À lui d’en faire un usage pertinent, notamment sur des thèmes périphériques au poste qu’il occupe (droit, gestion, autres technologies, etc) afin de démontrer à ses managers qu’il sait élargir son champ de vision. La même logique s’applique tout au long de sa carrière quant aux formations supplémentaires qu’il pourra suivre.
Gardez la maîtrise du temps
Il y a ceux qui rêvent de travailler quatre jours par semaine, celles qui veulent partir en congé parental, prendre une année sabbatique ou tout simplement travailler de chez elles deux jours par semaine… Si aujourd’hui encore, les freins financiers ou managériaux à la flexibilité sont nombreux, des compromis existent. À vous de les revendiquer. Le télétravail peut apporter une réponse à de nombreuses problématiques : concilier des temps de vie, planifier son travail, diminuer les temps de trajet, s’adapter à de nouvelles organisations familiales… Le phénomène pourrait concerner de 40 à 50 % des emplois d’ici à 2020.
Soignez votre « ombre numérique »
Certains sites proposent des services pour soigner son image. En étant inscrit sur les réseaux professionnels, votre profil apparaît également dans les premiers résultats de Google.
Adaptez-vous
S’adapter à des contours de fonctions qui changent, s’adapter à des exigences (notamment de clients) qui évoluent, s’adapter à des horaires de travail et autres circonstances de travail loin d’être statiques… Dans les réorganisations passées, présentes et… futures, il est largement fait appel pour les fonctions clés à des collaborateurs qui, en plus de réussir de manière convaincante dans ce qu’ils font, ont aussi les bonnes valeurs et l’attitude adéquate pour oser se remettre en question, s’attaquer à de nouveaux défis, être prêts à apprendre de nouvelles choses.
Projetez-vous dans la peau du recruteur.
Pour bien préparer son CV, sa lettre de motivation, ses entretiens, il faut se projeter dans l’inconscient du recruteur. Que cherche-t-il ? Que craint-il ? Que désire-t-il ? Quelles questions posera-t-il ? Le recruteur est le reflet des craintes de son entreprise. Il faut le rassurer. Il ne doit entrevoir aucun doute : vous devez apporter des certitudes.
Inscrivez-vous aux alertes des sites d’emploi.
Pour une organisation ou une fonction précise, Google Alerts effectue cette veille à votre place. Il suffit de choisir les bons mots clé : la fonction souhaitée, le secteur, le lieu… Vous recevez ainsi par e-mail, les alertes sur les sujets qui vous intéressent dès qu’ils sont publiés sur Internet. Le service scrute pour vous l’ensemble du Web, les news de Google Actualités et les groupes de discussion. Vous pouvez paramétrer la fréquence des alertes.
Intégrez votre profil
dans les réseaux sociaux à orientation professionnelle : LinkedIn, Viadeo… Créer son propre réseau implique par contre un travail conséquent : votre compte devra être quasi journellement alimenté. Cela nécessite un effort important de recherche et de documentation.
Faites-vous plaisir
Cela permet d’arriver en forme aux entretiens : natation, conférences, cours de langues… Tout ce qu’un agenda chargé ne permet pas de faire pendant une activité professionnelle. Plus un petit voyage au début d’une période de transition, pour recharger les batteries.
Non
S’isoler, se culpabiliser, s’acharner là où ça coince.
Certains secteurs sinistrés n’embauchent plus. Les analyses publiées par le Forem ou les organisations professionnelles en attestent. Éviter de s’y casser le nez et privilégier les secteurs plus porteurs.
Travestir son CV.
Maquiller sa vérité, ses expériences et surtout ses valeurs ajoutées pour mieux correspondre aux besoins de l’entreprise ? Jamais. La solution relève de l’équilibre entre votre passé et le futur de l’entreprise : il va falloir bâtir des ponts, créer des liens.
Tendre l’autre joue.
Le recruteur vous « googelise » ? Googelisez-le à votre tour. Vous connaîtrez ses publications, ses centres d’intérêts, ses précédentes fonctions… De quoi anticiper ses questions, de quoi pouvoir éventuwellement l’étonner ou le flatter. Tout dire. Trop de candidats ont peur d’oublier une compétence, un nom, une référence ou une qualité. À vouloir être trop complet, ils étouffent le recruteur. En entretien, vos récits doivent être ouverts : laissez des trous, des appels d’air pour attiser l’intérêt et susciter la question.
Envoyer un CV sans photo.
Rien ne justifie de ne pas joindre sa photo à son CV. La photo a son rôle. Et ce rôle est crucial pour l’entretien d’embauche. Un recruteur reçoit sur une journée de 3 à 20 candidats, ce qui peut parfois se traduire par 7 à 8 heures d’entretien. Au moment de la synthèse et de ses premiers choix, la photo du CV lui permet de faire le lien entre le papier et le candidat.