Florence Reuter: "A 65 ans, beaucoup veulent continuer"
A l'approche des élections fédérales du 13 juin prochain, nous vous faisons découvrir différent(e)s candidat(e)s de partis francophones et flamands du pays. Nous vous les présenterons bien entendu dans la thématique de l'emploi.
Figure connue du journalisme francophone du pays, Florence Reuter donna rendez-vous pendant près de dix ans aux télespectateurs d'RTL-Tvi pour le journal de 19h.
Passionnée par son métier, elle allait tout de même l'abandonner en 2007 pour rejoindre les rangs du MR et prendre part aux élections fédérales. Elue députée, elle repart au combat trois ans plus tard pour briguer un nouveau mandat.
Jeune, que rêviez-vous de "faire plus tard"?
"Journaliste ! Et cela remonte à très loin.... Je me souviens d'avoir lu dans une parution scolaire, style Dorémi, un petit article sur une fillette qui voulait faire ce métier plus tard. On la voyait taper à la machine à écrire. Ce fut une révélation. "
Avez-vous connu les jobs de student?
"Beaucoup. J'ai fait du télémarketing, travaillé chez Pizza Hut, organisé des stages pour enfants dans des clubs sportifs, des jobs de peinture... Lorsque j'étudiais à l'ULB, j'ai aussi bossé dans un café fort connu des Bruxellois: au Goupil le fol"
Quel fut votre premier vrai travail?
"Mon premier contrat, je l'ai signé à Antenne Centre. J'avais eu la chance d'y faire un stage et j'ai tapé dans l'oeil de la rédaction. Mais cela a failli ne pas se concrétiser. En effet, je n'entrais pas dans le fameux plan Rosetta... Mon premier salaire? 37.000 francs belges (Ndlr: moins de 950€). Vous savez ce que j'ai en partie fait de cet argent? Je me suis acheté un congélateur. J'étais trop impliquée dans mon job, pas le temps de cuisiner!"
Vous pensez parfois à votre future pension?
"... Je ne sais pas quoi répondre à cette question. Franchement, je ne me suis pas encore posé la question, je n'arrive pas à me projeter. J'ai 40 ans, on verra dans vingt où j'en suis. Je pense que c'est une question qu'il faut aborder à 60 ans en fonction de sa carrière et de ses envies à ce moment-là. Moi, qui rencontre beaucoup de gens qui ne veulent pas stopper à 65 ans, j'estime qu'il faut favoriser au maximum ceux et celles qui veulent continuer à travailler."
Des conseils pour les jeunes chercheurs d'emploi?
"Le même que je donnais à mes étudiants en journalisme. Les stages doivent être utilisés à fond. Il ne faut surtout pas subir et bâcler cette période. Il faut montrer que l'on a envie, se faire mal, se faire remarquer... En stage, j'ai tout appris et j'ai fait mes preuves. Résultat: un contrat m'attendait à la fin de mes études. Le monde de l'entreprise et les étudiants sont faits pour s'entendre. Il faut multiplier les initiatives de ce type."
Professionnellement, citez-nous vos qualités et défauts
"Je suis tenace et enthousiaste. Lorsque je suis persuadée de la justesse de mon combat, je m'emballe. Mon honnêteté et ma sincérité jouent aussi en ma faveur selon moi. Ces qualités me jouent aussi des tours... C'est assez facile de se faire manger tout cru en politique si on est trop colombe blanche... Je dois encore me durcir à ce niveau."
Combien d'heures par semaine travaillez-vous?
"Impossible de vous répondre. J'ai des semaines ultra chargées avec des réunions et des débats tous les soirs. Et j'ai des semaines plus light. Mon horaire est fort fluctuant. Les parlementaires sont moins exposés médiatiquement que les ministres mais nous abattons un gros travail de terrain, de dossiers..."
Quelle est la dernière formation que vous ayez suivie?
"Des cours de néerlandais dispensés par le parlement fédéral. Je fus d'ailleurs triste lorsque je suis partie pour la région wallonne car cela siginifait que je n'aurais plus de contact avec ma prof qui était vraiment efficace. Je m'y rendais environ 3 fois par semaine pour des séances de 90 minutes environ de conversation."
Votre plus grosse bourde au travail?
"Disons que j'ai toujours eu de gros soucis avec les prénoms durant ma carrière journalistique... Il m'est donc arrivé d'appeler Armand De Decker... Jean-Marie! Il n'était pas très content. J'ai aussi rebaptisé François Duval, le coureur automobile, Robert Duvall comme l'acteur américain...."
Que faites-vous pour vous relaxer après le boulot?
"J'ai la grande chance d'avoir une vie de famille équilibrée avec deux bouts de chou que j'adore. Les voir me fait un bien énorme même si parfois j'emmène du boulot à la maison. Mais le ski reste mon outil de déconnexion totale."
Propos recueillis par Laurent Depré