ICT & Engineering: beaucoup d'appelés, peu d'élus
Le centre de référence Evoliris a analysé l’offre et la demande dans les technologies de pointe. Un secteur qui emploie 20.000 personnes à Bruxelles. Sa volonté : proposer aux informaticiens sans travail des formations plus ciblées et modulaires.Quelles sont les perspectives d’emploi dans le secteur des technologies de l’information et de la communication en Région bruxelloise ? C’est la question traitée par une récente étude d’Evoliris, le centre de référence qui promeut les métiers dans le secteur des TIC auprès des demandeurs d’emploi, des étudiants et des travailleurs du secteur.
Créée il y a quatre ans, Evoliris met à leur disposition des équipements informatiques et du matériel mobile, et assure des formations sur les technologies de pointe. Titrée « Le marché de l’emploi TIC en 2009 et au premier trimestre 2010. Analyse de l’offre et de la demande et zoom sur les fonctions les plus demandées », l’étude dessine le profil des 1 923 demandeurs d’emploi inscrits chez Actiris sous le code professionnel d’informaticiens.
Si l’analyse est locale, elle était nécessaire. Car à elle seule, la Région bruxelloise concentre un tiers des emplois du secteur, soit 5 % de l’emploi privé. « La crise a laissé nombre d’informaticiens sur le carreau, mais les TIC restent pourvoyeurs d’emplois et cela va s’accentuer dans les années futures », confie Jean-Pierre Rucci, le directeur d’Evoliris. L’étude permet d’observer que plus de 65 % des 1.923 informaticiens inscrits chez Actiris sont âgés de 25 à 44 ans, que la moitié des informaticiens en demande d’emploi n’ont pas fait d’études supérieures et que 55 % de l’ensemble sont demandeurs d’emplois depuis plus d’un an.
Selon Jean-Pierre Rucci, le directeur d’Evoliris, « il faut se tourner prioritairement vers ceux-ci en matière de formation, car dans un secteur qui évolue en permanence, une durée d’inactivité de 6 mois accentue radicalement la diminution des compétences ». Parmi les professions les plus prisées dans les TIC, l’étude relève celles liées au développement software (27 %), de techniciens helpdesk (25 %), et « des autres informaticiens » (22 %).
« Une appellation générique, qui regroupe une grande diversité de fonctions et de compétences. D’où l’urgence d’exercer une focale sur ces profils, pour mieux les orienter », relève Jean-Pierre Rucci. Les chercheurs d’emploi se sont majoritairement enregistrés pour les fonctions d’analysteprogrammeur (46 %), de webmaster ou développeur Web (25 %) et de programmeur (11 %). Un jeu de paradoxe, car 40 % des offres d’emploi dans les TIC concernent des fonctions dans le domaine du software.
Selon Evoliris, la plupart des entreprises situées tant à Bruxelles que dans le Brabant flamand et le Brabant wallon, témoignent une demande constante de personnes ayant une expertise dans la programmation (comme analyste-programmeur), où deux emplois sur cinq exigent la connaissance de Vava et/ou.Net. « Il existe à Bruxelles une réserve de main-d’oeuvre significative pour le secteur des TIC, mais les compétences des demandeurs d’emplois, particulièrement en informatique, ne coïncident pas assez avec celles qui sont requises par le marché », analyse Jean-Pierre Rucci. Trop souvent, en effet, les chercheurs d’emploi ne sont pas suffisamment qualifiés pour le poste brigué.
« Il faut intensifier le travail de screening de ces demandeurs d’emploi afin d’identifier avec plus de précision la corrélation entre leur niveau de compétence et les besoins des entreprises », confie Jean-Pierre Rucci. Et d’insister : « Des modules courts de formation, des coachings à la recherche d’emploi, mais aussi des certificats commerciaux, permettraient certainement de relancer le parcours professionnel de ces personnes ».
Dans un premier temps, Evoliris envisage de créer une formation de « junior développer » pour les plus jeunes sans emploi. À plus long terme, l’asbl n’exclut pas d’étendre l’offre à d’autres fonctionsclés. À l’avenir, Evoliris disposera d’ailleurs d’un détaché d’Actiris dans ses bureaux, ce qui permettra de renforcer la collaboration entre les deux instances.
Du reste, le ministre Benoît Cerexhe prévoit d’accroître d’un million d’euros la somme consacrée aux chèques de formation dans les TIC (JOB et Projet professionnel) et les langues. Cette année, le montant alloué pour ces chèques s’élevait à 7,5 millions d’euros, dont près de 2 millions rien que pour les chèques TIC.