" Ils me prenaient pour leur prof ! "

adulte à l'école.jpg © Griet Dekonick

Patrick Bartholomé, rédacteur en chef d’une revue de management, a repris des études de journalisme.

Les premiers jours, quand je rentrais en classe, les jeunes se taisaient en prenant leur Bic… Ils pensaient que j’étais leur professeur ! » Avec ses cheveux poivre et sel et sa barbichette, Patrick Bartholomé n’a certes pas le profil typique de l’étudiant. Dans les amphis, ses 51 ans ne sont pas toujours passés inaperçus. « Au début, j’ai suscité un peu de curiosité, puis la cohabitation a été très facile. »

Rédacteur en chef d’une revue de management, Patrick Bartholomé avait atterri dans le monde médiatique un peu par hasard, à la suite d’études de… chimie clinique. « Aucun rapport ! Je suis un autodidacte. » Un autodidacte en manque de légitimation. « Dans la pratique, j’avais toujours un doute. Je ressentais le besoin d’être reconnu par mes pairs, de régulariser cette situation, au moins dans ma tête. » Sa solution : reprendre un master en journalisme.

Mais pas question de stopper le travail pour autant. Syllabus en journée, boulot en soirée. En tant qu’indépendant, il peut s’offrir la possibilité d’aménager ses horaires. Pour contrebalancer les pertes financières, son épouse accepte d’augmenter son temps de travail. Mais il faut parfois faire des choix. « Parce que plus assez d’argent pour partir en vacances. Parce que la vie de famille se retrouve un peu mise de côté. Parce qu’on a moins de temps pour les loisirs. »

Le quinquagénaire arrive doucement au bout de son cursus. Il a réussi ses examens, reste encore son mémoire à défendre. Un parcours parfois difficile dont il retiendra surtout du positif : des professeurs compréhensifs, l’impression de progresser, un challenge réussi. Malgré certaines difficultés à étudier « par cœur », malgré parfois le choc des générations et les différences de maturité. Revenu dans le monde universitaire, il n’aurait presque plus envie de le quitter. « Pourquoi pas réaliser un doctorat ? J’en garde l’idée dans un coin de ma tête. »

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