Ingénieur: les métiers qui auront la cote
Pour leur numéro du mois d'août, nos confrères du magazine français Capital proposaient un dossier consacré aux métiers qui auront la cote à court terme. Un listing de fonctions qui seront à la mode et que certaines entreprises s'arracheront. References s'interroge sur les profils que les entreprises pourraient massivement engager dans les prochaines années.
Nous avons contacté le directeur administratif de l'école polytechnique de Louvain, Patrick Mertes, pour jouer le jeu de l'"emploi-fiction".
"Ce n'est pas un exercice facile dans le domaine de l'ingénierie. Quelles seront les futures technologies de pointe dans quelques années ? L'Europe aura-t-elle ou non exporté tout son savoir-faire? En tout cas, je ne crois pas en l'explosion de nouveaux métiers dans l'ingénierie. Je crois plutôt que de nouvelles spécialités viendront se greffer aux métiers classiques: ingénieur civil, chimiste..."
M. Mertes perçoit déjà une forme de reprise en matière de recrutement des ingénieurs. L'année 2009 fut marquée par un léger recul. "Pour 2010, on sent des signes de reprise. Il y a plus d'offres d'emploi à la sortie des études pour les jeunes diplômés et elles sont mieux structurées."
Et dans les prochaines années?
Dans la liste des futurs jobs à la mode présentés par le magazine français, Patrick Mertes en pioche trois: ingénieur en dépollution des sites, ingénieur en efficacité énergétique et ingénieur en génie biomédical.
"Pour la première fonction, il suffit de voir le développement récent d'une société comme Veolia pour sentir l'avenir de ce secteur. Il y aura certainement beaucoup de sites à dépolluer dans les années à venir et des débouchés pour les ingénieurs.
Moi, je vois déjà une spécialité pour laquelle on devra faire appel aux ingénieurs. Imaginez qu'il va falloir récupérer tous les matériaux nobles, parfois en toute petite quantité, dans des millions d'appareils recyclés... Il faudra trouver une solution technique pour y faire face."
"Bien entendu, tout ce qui concerne le développement durable sera en plein essor. Par exemple, il reste clairement du boulot aux ingénieurs pour améliorer le rendement des cellules des panneaux solaires ainsi que des pompes à chaleur au niveau du secteur de la construction.
"Enfin, au niveau de l'ingénierie biomédicale, la question est sociétale et politique. Disposerons-nous d'assez d'argent et aurons-nous la volonté de financer la recherche au niveau des soins de santé? Néanmoins, aujourd'hui déjà, les gros hôpitaux ne peuvent plus se passer d'ingénieurs à temps plein pour gérer les technologies pointues notamment en imagerie médicale et en traitement de signal. Les médecins auront davantage besoin d'eux dans le futur."
Ingénieurs: les grandes perspectives
Patrick Mertes a également livré ses propres perspectives pour le futur des spécialisations de l'ingénierie en terme d'emplois:
Ingénieur physicien:
"Les spécialistes sont partagés entre deux camps à propos de la nanotechnologie. Les uns considèrent que le potentiel y est, les autres estiment qu'il s'agit ni plus ni moins d'un cul-de-sac."
Ingénieur civil:
"La demande en construction reste constante d'année en année. Le projets sont nombreux dans le monde entier: barrages, routes, ponts..."
Ingénieur électricien:
"Il existe une forte demande du monde de l'entreprise mais les hautes écoles et universités ne savent pas suivre. Il n'y a pas assez d'étudiants dans cette filiaire. Pourtant, la demande va rester importante avec le développement constant des télécommunications. Il faudra des ingénieurs pour traiter le signal. Mais il faut avouer que la matière enseignée est très pointue..."
Ingénieur électro-mécanicien:
"Le secteur des transports va évoluer mais il y aura encore de nombreux besoins pour les secteurs de l'automobile et de l'aviation notamment. Les ingénieurs interviennent dans la fabrication des nouveaux moteurs, des fuselages..."
Ingénieur mathématicien:
"Dans cette spécialisation, il y a également des perspectives au niveau des entreprises qui voudront optimiser leur logistique et leur production."
Enfin, Patrick Meters rappelle un grand principe qui colle au métier d'ingénieur. "Nous formons des gens pour leur apprendre à trouver des outils qui n'existent pas pour des problèmes qui ne se sont pas encore présentés...
Et que recherche les entreprises majoritairement? Des personnes capables de penser des nouvelles technologies, de porter un projet à terme et de gérer une équipe. L'ingénieur ne doit jamais oublier que ce qu'on lui a enseigné n'a qu'une durée de vie de 5 ans au maximum..."
Photo: Flickr.com
La faculté polytechnique de Mons présente le métier d'ingénieur aux élèves d'humanité
