"Je rencontre chaque semaine 3 travailleurs souffrant d’un burn-out"
Coach carrière chez Kompas, Anne Trio accompagne régulièrement des travailleurs souffrant d’un burn-out. "Mes collègues et moi rencontrons environ 250 personnes par an souffrant d'un burn-out." Comment les aide-t-elle?
Combien de gens viennent vous voir à cause d’un burn-out?
"Au total, mes 2 collègues et moi nous occupons d’environ 250 personnes par an. Il ne s’agit toutefois pas toujours de burn-out. Les travailleurs s’adressent à Kompas pour toutes sortes de questions autour de thèmes très différents: communication, management, …
Mais il faut compter que chacun d’entre nous rencontrer au moins 3 cas de burn-out par semaine, bien plus qu’auparavant. Selon moi, la situation économique n’est pas étrangère à cette augmentation."
Comment reconnaissez-vous un burn-out?
"Il existe trois signaux: le travailleurs est épuisé, il prend de la distance par rapport à son travail et il a le sentiment de ne plus pouvoir rien faire."
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Quelles sont les causes principales?
"C’est souvent une combinaison d’éléments personnels et de facteurs professionnels. La plupart du temps, ce sont des travailleurs de nature perfectionniste qui sont touchés.
Il sont très persévérants et veulent du coup souvent en faire trop. Nous remarquons aussi que leurs conceptions personnelles sont en conflit avec celle de l’entreprise. Une personne qui est habituée à travailler de manière flexible et à prendre des initiatives aura du mal dans un environnement de travail plus rigide."
Certains métiers sont-ils plus sensibles?
"Avant, nous recevions surtout des employés qui devaient travailler avec beaucoup de monde comme les éducateurs, par exemple. A présent, cette règle n’est plus valable. Nous accompagnons des travailleurs issus de tous les secteurs, occupant des fonctions aussi bien exécutives que dirigeantes. Ce ne sont pas non plus toujours des travailleurs actifs depuis longtemps sur le marché du travail.
Les jeunes aussi en sont victimes. C’est pourquoi je suis convaincue que la crise y est pour quelque chose. La pression n’est pas trop forte aujourd’hui? N’attendons-nous pas trop des travailleurs? Il est important que les employeurs s’interrogent. Si plusieurs travailleurs craquent dans une seule entreprise, il faut changer des choses au niveau structurel."
Voyez quels sont les métiers à risque.
Comment faites-vous face à un burn-out?
"Quand un travailleur vient nous vois, nous commençons par l’écouter. Ensuite, nous examinons, à l’aide d’un test développé par l’Université de Utrecht, s’il souffre réellement d’un burn-out. Si le diagnostic se révèle positif, nous recherchons les causes, aussi bien personnelles que professionnelles."
"Nous déterminons aussi sa personnalité, au moyen de toutes sortes de tâches. Nous demandons par exemple de tenir un journal du stress. Nous pouvons ainsi découvrir quelles sont les situations – à la maison comme au boulot – qui provoquent du stress.
Finalement, nous obtenons grâce aux exercices et aux entretiens une bonne image de ses sentiments. Dernièrement, j’ai rencontré quelqu’un qui pensait ‘Si je ne travaille pas, je suis paresseux’. C’est une base solide pour un burn-out. Nous examinons aussi la situation professionnelle. Comment se déroulent les relations au travail, l’ambiance,…? Nous étudions tous les éléments qui déterminent si quelqu’un aime faire son travail, pourquoi il arrive ou pas à le contrôler.
Une fois l’analyse terminée, nous regardons ce que nous pouvons changer. Soit nous organisons un entretien avec l’employeur, soit nous recherchons de nouvelles opportunités d’emploi."
Quelles sont les chances de réussite?
"Notre programme consiste en quatre entretiens, qui ont pour but principal d’aider les gens à voir clairement leur situation. Pourquoi souffrent-ils d’un burn-out et comment peuvent-ils veiller à ce que cela ne se reproduise plus? Quels signaux, aussi bien dans leur propre cheminement de pensée que dans leur travail, doivent-ils apprendre à reconnaître afin de pouvoir réagir de manière adéquate?
Naturellement, tous ne sont pas débarrassés de leur burn-out après quatre entretiens. Mais nous remarquons tout de même leur effet très positif. Ces entretiens ouvrent vraiment les yeux. Le travailleur comprend ensuite ce qui l’a mené à cette situation."
Comment éviter un burn-out?
1. "Le stress n’est pas grave en soi. Il ne devient problématique qu’en l’absence de moments de répit. Même si vous avez beaucoup de travail, accordez-vous suffisamment de pauses. Vous verrez que même 10 munites vous feront du bien."
2. "Si vous allez au travail avec des pieds de plomb, demandez-vous pourquoi c’est le cas et ce que vous pouvez faire pour y remédier. Ne restez pas dans cette situation. N’hésitez pas à demander un entretien avec votre chef, même si ce n’est pas dans la culture de l’entreprise."
3. "Osez dire non. Si la charge de travail est trop importante, vous devez l’admettre. Cela n’a pas de sens de continuer au-delà de vos forces. Fixez vos limites."
4. "Sortez vous cette conviction de la tête: 'Si je commets une erreur, je suis un mauvais employé.' Il est tout à fait normal que tout ne se déroule pas toujours parfaitement. C’est ce genre de pensée qui pousse les gens à bout. Si vous arrivez à vous en défaire, vous verrez votre situation au travail d’un autre œil."
Texte: Hermien Vanoost
Consultez notre dossier sur le burn-out.
Souffrez-vous d’un burn-out? Faites le test!
