Jean-Claude Van Cauwenberghe: "Ne jamais se reposer sur ses lauriers"
© Photonews A 67 ans, l'ancien homme fort de Charleroi est un pensionné actif qui tient encore à dire son mot au niveau local. Pension, allongement des carrières, formation, conseils aux jeunes... Van Cau s'exprime !
De son propre aveux, il passe plus de temps aujourd'hui dans sa propriété de la Côte d'azur que lorsqu'il exerçait ses mandats politiques. "J'ai un autre rythme... Et je dois prendre soin de ma santé plus déficiante qu'il y a quelques années. Mais cela ne m'empêche pas d'être encore actif. Sans cela, je m'étiolerais sur place !"
Pour cette nouvelle rubrique, references.be part à la rencontre de personnes qui ont joué un rôle et occupé le devant de la scène avant d'en disparaître. Que sont-elles devenues?
Jean-Claude Van Cauwenberghe, êtes-vous un pensionné actif?
"Parfaitement ! J'occupe encore officiellement trois mandats para-professionnels. Ma fonction principale est la présidence de la fédération des mutualités socialistes de Charleroi. J'y passe plusieurs fois par semaine. Je préside ensuite le conseil d'administration de Charleroi Expo. Enfin, je préside l'asbl du Bois du Cazier. Avec une grande différence par rapport au passé: je gère moi-même mon temps. En-dehors de cela, je peins, je lis et j'écris ! Je travaille d'ailleurs la sortie d'un livre."
Avez-vous un avis sur le débat très actuel du rallongement des carrières?
"Pour moi, il s'agit d'une nécessité économique, démographique et de bonne gestion de l'expérience acquise. Pour l'équilibre et le futur des fonds de pensions et de la sécurité sociale, c'est tout simplement crucial. Nous avons connu une trop longue période de démobilisation professionnelle précoce. Par conséquence, les entreprises se privent aussi de talents et de personnes possédant une grande expérience. Je pense qu'un cycle de rallongement des carrières va remplacer celui du raccourcicement des carrières. C'est inévitable..."
Il y a pourtant une confrontation entre rallongement de la carrière et intérêt des entreprises pour les plus de 50 ans... Des pistes?
"C'est le noeud du problème... Selon moi, tout part, le plus souvent, d'une absence de formation à la base et en cours de carrière. Pour certains candidats, leur employabilité est quasi nulle. Aujourd'hui, il faut bien se rendre compte que les entreprises engagent des personnes souvent surqualifiées pour le poste proposé. Quelqu'un qui n'a pas terminé ses humanités se place dans une situation presque inextricable. Et ceux et celles qui ont la possibilité d'effectuer une carrière ne doivent pas se reposer sur leurs lauriers... A mon avis, la future vie en entreprise sera rythmée par des recyclages, des virages et surtout la formation continue !"
Des souvenirs de votre début de carrière?
"Pour revenir à la question précédente, de mon temps, pour entrer à la police ou dans l'administration publique, il ne fallait généralement pas de diplôme... Nous ne vivons plus la même époque. En ce qui me concerne, j'ai débuté ma carrière durant mes études d'avocats à l'ULB. En effet, j'étais déjà attaché à un cabinet. Lorsque je me suis complètement installé comme avocat, je me souviens n'avoir gagné que 500 francs belges le premier mois. Un seul client s'était présenté !"
Que conseilleriez-vous justement aux jeunes qui débutent leur carrière professionnelle?
"Une seule chose: se battre... Vous savez, il n'y a pas mille façons de convaincre un recruteur ou un employeur. Il faut s'investir, ne pas compter ses efforts et ses heures, bien se vendre, montrer ses qualités. En se prenant en main, on force tôt ou tard les portes de la réussite. J'en suis convaincu !"