Kit de survie 2012: moi et ma carrière
Comment survivre à la crise économique dans votre job ? Comment résister à la pression, comment vous améliorer, que devez-vous privilégier, comment ne pas faire les frais de la prochaine restructuration, comment sublimer vos talents ? Ne cherchez plus, toutes les questions professionnelles que vous inspire la conjoncture difficile trouvent réponse dans notre série spéciale. Troisième volet : vous et votre carrière.
16. Peut-on encore faire carrière en temps de crise ?
« Oui, elle risque de peser dans les mois qui viennent. » Qui ? L’incertitude économique bien sûr ! Jean-Philippe Mulders est manager chez Galilei, un bureau d’outplacement. Comme tout le monde, il entend les sombres prévisions. Mais pas au point d’être pessimiste. La crise ne devra pas vous empêcher de penser à votre carrière, même en 2012. Trouver du boulot, changer de boulot ou même retrouver du boulot, pour ceux qui le veulent, ce sera encore possible ! Dans cette mission, la règle numéro un : apprendre à se connaître. « Il y a dans la vie des moments de changement : on veut gagner plus, on veut évoluer vers autre chose… », explique Jean-Philippe Mulders. « La première chose à faire est de se donner du temps et de discuter. D’abord avec son manager, puis avec son directeur RH et éventuellement avec un consultant extérieur. »
Se pose alors souvent la question décisive : rester ou partir ? « De nombreuses entreprises offrent la possibilité d’évoluer en interne. C’est ce que je conseille généralement. C’est toujours plus difficile et plus long de trouver à l’extérieur. » Et si l’entreprise va mal ? « Il faut d’abord voir ce que je peux faire à mon niveau pour l’aider à aller mieux. S’il s’avère qu’il y a peu de possibilités, il faut alors prendre son destin en main… »
« Bougez-vous ! »
S’en aller, s’évader. OK, mais trouver du boulot, c’est… du travail ! Comment faire, alors qu’on bosse déjà ? « Après la phase de réflexion, il faut définir ses objectifs de carrière et déterminer un plan d’action », explique Jean-Philippe Mulders. « En moyenne, une recherche d’emploi demande 25 heures de travail par semaine. Et une campagne de sollicitations nécessite 300 contacts, que ce soit par mail, par téléphone ou en entretien. En période de crise, la période de recherche peut quelque peu augmenter et le travailleur doit être prêt à revoir son salaire à la baisse, de 5 % à 15 %. »
Selon notre spécialiste, l’un ou l’autre secteur risque tout de même de souffrir en 2012. C’est le cas du secteur bancaire, gros fournisseur d’emplois. « De nombreuses personnes qui travaillent dans la gestion des portefeuilles, par exemple, vont devoir aller dans le commercial. Ou bénéficier d’un outplacement. » Autre secteur fragile : le pharmaceutique. « Ce n’est pas neuf », précise Jean-Philippe Mulders. « C’est un secteur en pleine mutation. La plupart des grosses entreprises ont récemment licencié. Généralement, les employés ont pu retrouver du travail dans de plus petites structures. Aujourd’hui, les petites entités engagent encore. »
La volonté. En 2012, plus que jamais, c’est elle qui vous permettra d’atteindre les sommets. « En Belgique, énormément de gens ne sont pas tout à fait satisfaits de leur job, mais ils ne font pas la démarche », constate Jean-Philippe Mulders. « Arrêtez le temps et bougez-vous ! En période de crise, on a tendance à attendre. Même si la recherche prend plus de temps, il y a moyen de trouver un nouvel emploi. »
17. Faut-il toujours accepter une promotion ?
Clairement, c’est toujours tentant. On imagine la plus-value financière, on se sent flatté, on serait fou de refuser… Et pourtant, une promotion, ce n’est pas toujours ce qui convient le mieux. « Il arrive souvent qu’on récompense les capacités techniques de quelqu’un en lui offrant une promotion comprenant des responsabilités de People Manager », explique Jean-Philippe Mulders, manager chez Galilei. Or, de nombreuses personnes ne sont pas capables de les exercer. « Et ça peut conduire à des catastrophes ! Avant d’accepter, l’employé doit vérifier s’il a les compétences managériales requises. Éventuellement, il devra suivre une formation ou même refuser l’offre et tenter de monter dans la hiérarchie à titre d’expert, sans responsabilité de manager. »
18. Dois-je absolument être sur LinkedIn ?
Tous les spécialistes vous le diront : être sur LinkedIn n’est plus une possibilité, c’est une nécessité. « Le phénomène se développe depuis un an ou deux, il se confirmera en 2012 », prévoit Aniana Taelman, spécialiste ressources humaines chez Securex. « LinkedIn correspond aux aspirations de la génération Y : on ne veut plus chercher du travail, on veut être repéré. » Être sur LinkedIn, facile ! Encore faut-il pouvoir utiliser l’outil. Et connaître les pièges à éviter… « Le pire est d’être sur LinkedIn mais de ne rien y faire. On donne alors une image négative de soi-même », reprend Aniana Taelman. « LinkedIn permet de se présenter comme un expert crédible. Il faut donc jouer le jeu à fond : participer à des groupes thématiques, établir des connexions, répondre aux questions… »
19. Est-ce le moment de me lancer comme indépendant ?
Vous en rêvez depuis longtemps mais vous hésitez. L’année nouvelle sera-t-elle propice au passage à l’acte ? « Je crois que se lancer aujourd’hui comme indépendant est un bon moyen pour faire carrière », explique Peter Danneels, Marketing & Communications Manager PME chez Securex. « On va vers de nouvelles organisations du travail, qui exigent plus de flexibilité. L’indépendant pourra répondre à ces demandes. »
Une bonne partie de la réussite dépendra de votre préparation. Sondez vos motivations profondes et, surtout, soyez pro ! « Avoir une bonne idée ne suffit pas », poursuit Peter Danneels. « Il faut se faire conseiller, développer un business plan. Plus qu’avant, on doit être professionnel dans sa préparation. » Reste ensuite à choisir son secteur. « Récemment, il y a eu beaucoup de faillites dans l’horeca, le commerce et la construction. Ces domaines sont très sensibles au climat économique. Pour 2012, je ne les conseillerais pas. Par contre, il y a encore des possibilités dans les services aux entreprises, style consultance en ICT, ressources humaines ou coaching. »
Les cinq premières années seront cruciales, c’est durant cette période que la plupart échouent. Les raisons sont nombreuses : difficultés à combiner le privé et le boulot, lourdeur administrative, manque de fonds… Le truc ? Voir au-delà de 2012. « L’indépendant travaille souvent le nez dans le guidon », souligne Peter Danneels. « Il est important d’avoir un plan, une vision. »
Spécial Sales & Marketing
20. Faut-il être un bon vendeur (de soi-même) pour faire carrière ?
La lutte sera rude. Et les concurrents pourraient être nombreux. Pour décrocher un poste ou obtenir une promotion, il faudra être capable de se vendre. « En tout cas, il ne suffit pas de présenter un CV. Encore faut-il être capable de mettre en avant ses forces », explique Françoise Jadoul, manager recrutement et sélection chez Randstad. « Ce qui ne veut pas dire que les extravertis sont privilégiés. Certains introvertis sont capables de donner des informations très ciblées, très précises. »
Alors, comment se démarquer ? « En étant subtil », répond Françoise Jadoul. « La personne qui cherche à obtenir un poste doit connaître ce poste, l’entreprise, ses valeurs. Si elle parvient à se projeter dedans, elle se montrera persuasive. » Persuader… mais sans trop exagérer. « Je ne conseille jamais de mentir. Tôt ou tard, ça risque de se savoir. Il est au contraire important de connaître ses points de développement, c’est-à-dire les secteurs dans lesquels on peut encore évoluer. »