La Belgique, paradis fiscal pour les voitures de société?
© Renault En Belgique, pratiquement la moitié des travailleurs avec un statut d’employé bénéficie d’une voiture de société. En France et aux Pays-Bas, ce chiffre n’est que de 40%. La raison pour laquelle les voitures de société sont chez nous presque automatiques dans le paquet salarial est fiscale.
Chaque 100 euros de salaire brut coûte en réalité 135 euros à l’employeur, et l’employé en récupère à peine 50 euros net. Fiscalement, une voiture de société est plus favorable à l’employeur que de l’argent brut d’une valeur équivalente. Avec les voitures de société, le revenu disponible net de l’employé peut grimper en coûtant moins à l’employeur.
Le centre de connaissance de SD Worx a calculé que la valeur d’une voiture de société dans le paquet salarial brut (qui correspond à un salaire brut qu’il recevrait si on retire l’avantage de la voiture) est aujourd’hui de 9,1%. Après l’introduction des nouvelles règles fiscales, ce montant devrait retomber à 7,9%.
Les chiffres du bureau de recherche Hay Group montrent que cette valeur comprise dans le paquet salarial total est bien plus bas dans nos pays voisins. Aux Pays-Bas, les voitures de société représentent 13% du salaire des cadres et 5% pour des directeurs. An France, il s’agit de respectivement 12 et 4 %. Dans la même enquête, la Belgique est à 16% et 6%. La nouvelle fiscalité changera-t-elle réellement quelque chose à ce rapport ? On peut en douter.
Tant qu’on ne changera rien aux coûts salariaux en Belgique, les voitures de société resteront un instrument important de fixation du niveau des salaires.
Texte: Wouter de Broek