"L'augmentation du travail à temps partiel est irréversible"
Tout comme le travail temporaire qui semble devenir une tendance permanente dans de nombreux pays. Aux Etats-Unis, 1 nouvel emploi sur 4 est un contrat d’intérim. Qu’en est-il en Belgique?
SD Worx, prestataire de services RH, a organisé entre la mi-décembre 2009 et la mi-janvier 2010 une enquête sur la flexibilité auprès de 118 responsables RH et chefs d’entreprise. Pour l’instant, ce sont les contrats à temps partiel qui arrivent en tête (avec 81%) de la liste des formes de travail flexible.
Détail marquant: les entreprises interrogées veulent travailler davantage avec des contrats à temps partiel (51% des interrogés), temporaires (41%) et intérim (37%) au cours des trois prochaines années.
La flexibilité, c’est l’avenir
Johan Van Duyse, de chez SD Worx: “Le marché du travail deviendra sans aucun doute encore plus flexible dans un avenir proche. Je ne plaide absolument pas pour davantage de jobs ‘hamburger’ comme aux Etats-Unis.
Mais le surplus de règles sur le travail en Belgique complique la tâche de l’employeur qui souhaite engager sous contrat flexible lorsque s'est nécessaire ou de l’employé qui souhaite travailler moins pendant quelque temps.
Le travail à temps partiel progresse depuis plusieurs années, c’est une évolution irréversible. Il existe tellement de possibilités socio-juridiques (crédit-temps, congé parental, pause-carrière, etc.). De plus, la logique de fer qui veut que l’on souhaite travailler à temps plein pour gagner un salaire plus élevé n’est pas valable tout au long de la carrière.
Les travailleurs de 50 ans osent lever le pied, les jeunes mamans qui reviennent sur le marché du travail après une période consacrée à leurs enfants trouvent le temps partiel idéal.”
Augmentation de l’intérim
Le travail intérim aussi progresse depuis plusieurs années dans notre pays. Le degré de pénétration du travail intérimaire par rapport à toute la population active a presque triplé entre 1990 (1%) et 2007 (2,63%).
Il y a eu un léger recul à cause de la crise (1,93% l’année dernière), mais le secteur a enregistré une croissance de 10,66% en avril cette année par rapport à avril 2009.
Nombre de travailleurs temporaires par rapport à la population active totale en %
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2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
2009 |
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Belgique |
8,8% |
8,7% |
8,6% |
8,3% |
8,2% |
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Allemagne |
14,2% |
14,5% |
14,6% |
14,7% |
14,5% |
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France |
14,1% |
14,1% |
14,4% |
14,1% |
13,5% |
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Pays-Bas |
15,4% |
16,4% |
17,9% |
17,9% |
18,0% |
Source: EU Labour force Survey (Bewerking HIVA, K.U.Leuven)
Des managers intérim: pas encore chez nous
Sébastien Delfosse, directeur des relations publiques de la fédération Federgon: “Le phénomène de managers intérim ou de directeurs intérim est très présent aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.
Il y est entré depuis longtemps dans la culture qu’un intérimaire avec des compétences uniques peut gagner un salaire plus élevé qu’un employé sous contrat définitif.
En Belgique, la loi impose qu’un intérimaire gagne autant qu’un employé fixe dans la même entreprise. En principe, un intérimaire peut gagner plus, mais cette culture n’est pas du tout présente chez nous.
En résumé: les profils avec des compétences uniques ‘jobhoppent’ chez nous aussi, mais pas via le statut d’intérimaire.
Cela dit, les entreprises recrutent de plus en plus des hauts diplômés ou des profils spécialisés via le canal de l’intérim, au lieu d’une période d’essai de 6 mois.”
Texte: Nico Schoofs
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