Le télétravail ? Une bonne idée… sur papier

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Étude. Le constat est sans appel : un travailleur sur deux souhaite bénéficier du télétravail mais n'y est pas autorisé. Les employeurs persistent à faire fi des aspirations de leurs collaborateurs et de l'évolution de la société. Les employeurs ont-ils la " langue fourchue " ? C'est la question qu'on peut se poser à la lecture des résultats de l'enquête du groupe RH Tempo-Team qui constate qu'un travailleur sur deux souhaitant bénéficier du télétravail n'y est pas autorisé.

Et ce, alors que la plupart des entreprises soulignent - dans les offres de recrutement notamment - l'importance qu'elles accordent à l'équilibre entre vies professionnelle et privée, à la réduction des problèmes de mobilité, voire aux attentes des nouvelles générations qui sont clairement en demande de modes de travail plus flexibles… "

Alors que 47 % des travailleurs souhaitent également travailler à la maison, 49 % des employeurs s'y opposent résolument ", relèvent les auteurs de l'enquête. " Les employeurs craignent surtout l'impact négatif du télétravail sur la collégialité entre les collègues (49 %) et l'implication dans l'entreprise (41 %).

" Les employeurs et les travailleurs ont donc clairement une vision opposée sur le sujet. " Or, au vu de la pénurie sur le marché du travail et de la guerre des talents, les employeurs ont tout intérêt à se pencher sur la demande d'une plus grande flexibilité ", estime Didier Christiaens, directeur des ressources humaines de Tempo-Team.

" L'appoint de flexibilité apporté par le télétravail renforcera plutôt le lien avec l'employeur. Un bon encadrement et des règles bien établies doivent permettre de ne porter aucun préjudice à l'implication dans l'entreprise et à la collégialité avec les collègues. " Le propos est renforcé par le fait que, dans la pratique, les quelques entreprises qui autorisent structurellement le télétravail n'ont généralement pas à s'en plaindre.

Que du contraire, même, puisque 63 % d'entre elles estiment que le télétravail est idéal pour des tâches qui nécessitent beaucoup de concentration et 45 % pensent que les travailleurs sont plus productifs à la maison qu'au bureau. Et ce, tout en se félicitant d'augmenter la satisfaction des collaborateurs puisque 68 % des employeurs estiment que le télétravail facilite leur vie privée.

De fait, 79 % des employeurs qui autorisent le télétravail constatent que le nombre de collaborateurs travaillant également à la maison a augmenté ces trois dernières années. Les plus enclins à demander cette faveur ? Essentiellement les hauts diplômés avec enfants qui estiment, à l'instar de celles et ceux qui en bénéficient, que la mesure leur permet de mieux optimiser leur worklife balance, d'augmenter leur concentration, d'être plus productifs à la maison, d'éviter les navettes, entre autres.

Ceci étant, il semblerait que, " en dépit de la demande et malgré son succès croissant, le télétravail reste encore du domaine de l'improvisation et de la débrouillardise pour la plupart des travailleurs ", poursuit-on chez Tempo-Team où on relève que seuls 38 % d'entre eux chez eux disposent d'un local ou d'un bureau séparé pour télétravailler.

Quant aux employeurs, leur réticence à autoriser ou encourager le télétravail se traduit par une organisation déficiente : " Seuls 31 % de tous les employeurs interrogés confirment qu'ils disposent d'une politique claire et adaptée en matière de télétravail. À peine un peu plus de la moitié des entreprises qui autorisent le télétravail (57 %) disposent d'une politique adéquate. "

" Or, le fait d'autoriser des travailleurs à travailler à la maison tombe dans de nombreux cas sous la législation sur le télétravail, qui impose des exigences spécifiques comme un contrat écrit, la mise à disposition de certains équipements tels qu'un PC et le remboursement des frais ", souligne Stefan Nerinckx, avocat associé chez Field Fisher Waterhouse. " Une annexe écrite au contrat de travail et un règlement du travail adapté sont donc un must. " Du moins si l'on est convaincu de l'intérêt de la pratique.

Ce qui, à l'évidence, n'est pas gagné…