Les 3 autres fiascos de Jo Lernout
Cinq ans de prison. C’est la peine prononcée par la Cour d’Appel de Gand à l’encontre de Jo Lernout, reconnu coupable de fraude dans l’affaire L&H, son entreprise de reconnaissance vocale. Il ne perd pourtant pas espoir et va en Cassation. Typique du caractère de Lernout, qui après la faillite de L&H s’est encore essayé trois fois au rôle de chef d’entreprise. Tentatives qui se sont toutes soldées par des échecs…
1. Gupi, le cobaye électronique
Le premier produit lancé sur le marché par Jo Lernout après le ratage de L&H, a été Gupi, un cochon d’Inde électronique capable de réaliser des tours. Plus l’on caressait et cajolait la bestiole en peluche, plus elle s’animait. Un peu comme les autres ‘animaux’ électroniques Ferby; Tamagochi et Aibo.
Mais le succès n’était pas eu rendez-vous. "Le prix était trop élevé", déclarera Lernout dans une interview accordée au journal flamand Het Nieuwsblad en 2005. "Le coût de la production en Chine s’élevait à 12 euros, ce qui devenait vite 49 euros lors de la vente en magasins." Et il y avait aussi un petit problème technique: les piles de 4.000 cochons d’Inde continuaient à charger, amenant l’animal à la surchauffe. Fin de l’histoire.
2. Annie's Belgian Chocolates
Début 2006, Lernout tentera sa chance aux Philippines. Avec sa compagne Annie – devenue depuis sa femme – et l’argent de quelques amis flamands, il lance Annie's Belgian Chocolates. Il se fournissait en chocolat en Belgique et avait choisi des locaux pour gérer le reste. Lui-même avait un rôle d’intermédiaire.
La cause de l’échec de cette entreprise, Lernout l’a révélée le week-end dernier dans le Standaard: "Vendre des pralines dans un pays tropical comme les Philippines n’était pas évident. En fait, ce marché ne s’ouvrait qu’à Noël et pour la Saint-Valentin. Et là encore, j’ai commis l’erreur de positionner mes produits trop bon marché, alors que les clients qui achètent à ces périodes optent plutôt pour les articles de marque."
3. MiaMia, un service d’informations via GSM
Son tout dernier projet, le service d’informations MiaMia, a connu une fin précoce. Le principe? Les utilisateurs de smartphones posent une question par SMS, message vocal ou e-mail et reçoivent en principe une réponse quelques secondes plus tard. Pour ce faire, Lernout a installé un callcenter aux Philippines, chargé de traiter les questions et de fournir les réponses.
Hélas, une nouvelle fois hélas… "Les utilisateurs ne voulaient pas payer pour ce service, même s’il ne s’agissait que d’un très petite somme. Ca n’avait pas de sens de me payer pour des services qui n’avaient pas de businessmodel", a expliqué Lernout dans le Standaard. Cette technologie a toutefois été récupérée par la société de son fils, MiiaTech.