Les employeurs font de la résistance

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Le Guide des carrières de Références. Analyse de notre grande enquête.

L'aggravation de la crise va-t-elle affecter le marché de l'emploi dans les prochains mois ? Alors que l'on pouvait s'attendre à des perspectives relativement sombres, l'enquête de Références, réalisée auprès de 371 entreprises, paraît démontrer le contraire : près de 20 000 offres ont été recensées pour l'année prochaine.

Optimisme ? Sans doute le terme est-il exagéré. Mais force est de constater que les employeurs hésitent encore à répercuter les effets de la crise sur leurs intentions de recrutement. " Une fois de plus, le marché belge démontre une relative résistance ", analyse Philippe Lacroix, Managing Director de Manpower Belux dont le dernier Baromètre de l'emploi, encore à paraître, confirme les grandes tendances de notre enquête. "

Cela étant, il faut rester très prudent, à l'image des employeurs eux-mêmes : les entreprises analysent en permanence la situation, qui est fort instable dans un contexte de très faible visibilité, et sont prêtes à s'y adapter rapidement. Il n'est pas impossible que, si la crise continue à s'amplifier, le seuil de résistance s'affaisse subitement. "

Cette indifférence à la conjoncture - toute relative soit-elle, soulignons-le encore une fois - s'explique partiellement par la persistance d'un mouvement de fond, de nature structurelle : l'obligation dans laquelle se trouvent nombre d'employeurs de pourvoir au remplacement des collaborateurs qui partent à la retraite, en nombre croissant, ou qui les quittent tout simplement pour changer d'horizon.

Pyramide des âges


Ce constat est confirmé par Ilse Bellemans, responsable du recrutement et de la sélection chez Colruyt qui, avec 1 800 fonctions ouvertes, devrait continuer à figurer parmi les principaux recruteurs en 2012 : " Environ 20 % de nos offres sont liées à notre croissance intrinsèque ", confirme-t-elle.

" Les autres annonces sont effectivement liées au remplacement de personnes qui nous quittent. " En clair : il ne faut pas nécessairement que le marché soit en forte croissance pour que se créent des emplois. Le dynamisme des pouvoirs publics, confrontés eux aussi à la réalité de la pyramide des âges, est aussi là pour en témoigner.

De là à conclure que le marché de l'emploi n'est animé que par les remplacements, il y a cependant une marge.

En Wallonie, plus d'un millier d'emplois nouveaux seront créés dans le cadre de projets d'investissements. Le producteur de vaccins GSK Biologicals, par exemple, annonce une centaine de recrutements supplémentaires cette année dans le cadre de son plan d'investissement de 1,5 milliard d'euros annoncé au début 2010 : des emplois plutôt hautement qualifiés, dans la recherche et développement (biostatisticiens, épidémiologistes), mais aussi dans la production (assurance et contrôle qualité, notamment).

Dans un autre secteur et concernant d'autres qualifications, plusieurs centaines d'emplois seront créés par l'extension des activités logistiques de groupes tels que Janssen Pharmaceutica (à La Louvière) ou H&M (à Ghlin). " Il est intéressant d'analyser les évolutions sectorielles ", poursuit Philippe Lacroix. " La logistique reste effectivement un secteur très porteur, ce qui est assez rassurant car il s'agit, à l'instar de l'intérim, d'un baromètre relativement fiable de l'évolution de l'activité globale. "

La Flandre plus dynamique


S'agissant des variations régionales, cependant, force est de constater que la Flandre continue de se caractériser par un dynamisme plus important que la Wallonie. Le signe d'une conjoncture beaucoup plus favorable ? " On ne peut limiter l'approche à cet unique facteur, même s'il joue incontestablement un rôle vu le poids économique de cette région ", relativise le patron de Manpower. "

La problématique des départs à la retraite est plus forte en Flandre qu'en Wallonie, ce qui contribue indubitablement à animer le marché. Comme celui-ci est, au départ, déjà plus tendu qu'en Wallonie, l'effet est immédiat sur le plan des offres de recrutement. "

Quant à la prévalence de Bruxelles en tête des perspectives d'embauches, elle se justifie non seulement par la présence sur son sol de nombreuses administrations fédérales, mais aussi de nombreuses multinationales - ce dernier effet débordant sur le Brabant flamand. "

Or, ces entreprises sont avant tout en quête de collaborateurs bilingues et hautement qualifiés - ingénieurs, spécialistes IT, financiers, entre autres ", souligne Philippe Lacroix. " Il y a donc une assez bonne concordance entre la liste des profils les plus recherchés et la répartition sectorielle et régionale des entreprises qui se montreront les plus actives sur le marché de l'emploi. "


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