" Les entreprises demandent toujours plus de flexibilité "
© sophie van hoof Xavier Dechamps, Finance Project Manager indépendant.
Dans son salon, la lumière filtre par le toit. Le décor est épuré. C'est l'air calme des grands espaces. Par goût de la liberté, Xavier Dechamps a choisi de travailler chez lui aujourd'hui, dans son pavillon cosy niché dans une ruelle de Watermael-Boitsfort.
" D'habitude, je travaille chez le client. Je suis le premier arrivé et le dernier à quitter le bureau. Je facture huit heures de travail par jour. Parfois, je ramène du travail à la maison. Mais ce sont des tâches que je peux valoriser très facilement ", explique tranquillement ce quadra. Sa fonction : Finance Project Manager. Signe particulier : entrepreneur individuel.
Salarié pendant quinze ans, Xavier a " basculé " en janvier, il y a deux ans. " J'ai travaillé dans plusieurs multinationales. Mais en 2009, en pleine crise, j'ai été licencié. " " Salarié ". Au bout de ses lèvres, l'évocation de cette population a un vague parfum tribal. À un âge où les cadres bénéficient à plein de l'expérience acquise en entreprise, il y a, chez Xavier Dechamps, un adolescent qui refuse les immobilités adultes.
Et qui refuse d'abjurer. " Je me suis rendu compte qu'il existait d'autres possibilités que le circuit classique du salariat. Dans une entreprise, ma fonction ne peut pas mener à de hautes responsabilités. C'est une expertise de niche. En tant qu'indépendant, j'apporte une expertise ciblée, pour une durée de travail limitée. C'est intéressant pour les commanditaires. "
Xavier est l'archétype du freeagent, ce travailleur indépendant très prisé dans l'informatique et la finance. " J'ai pour habitude de ne travailler que pour un client à la fois. Je gère des projets sur plusieurs mois. Mais une fois la mission accomplie, je change d'environnement ", explique Xavier. Autonomes, libres et pleins de projets, ces freelance ont finalement tout du beau parti.
" J'ai acquis un mode de fonctionnement plus épanouissant, plus impliqué qu'en tant que salarié. Je me sens beaucoup plus responsable de la qualité du travail fourni. L'avantage, c'est que je peux aller aussi loin que je le souhaite pour subvenir aux besoins du client. " De quoi séduire le patronat. " En fait, je remarque que les sociétés demandent toujours plus de flexibilité. Elles sont à la recherche d'expertises pour des périodes ponctuelles, sans vouloir engager du personnel. "
Mais si le fait d'être son propre patron peut sembler une perspective enivrante, reste à régler un épineux problème : lorsqu'on travaille à titre individuel, comment se faire payer ? Pas moyen, selon la loi, de toucher des honoraires sans être immatriculé comme une entreprise unipersonnelle, ce qui suppose force paperasses et démarches. " Il faut pouvoir gérer les cash flows, les risques. Et surtout pouvoir absorber des périodes de creux. Je profite toujours des moments libres pour assister à des conférences et me former. Une des difficultés, c'est aussi de se faire voir. Il faut avoir un solide réseau pour développer son activité. "