Les nouveaux tigres du .com
Ils sont jeunes et poussent comme des champignons. Ce sont les nouveaux sites de vente en ligne et entreprises internet, avec des marques comme Groupon et Vente Exclusive.
Mais qu'est-ce qui les distingue des nuées de startups qui ont plongé il y a dix ans avec l'éclatement de la bulle internet ?
De plus en plus de Belges font leurs emplettes en ligne et les résultats publiés récemment par Ogone, le fournisseur de services de traitement des paiements électroniques, montrent que le total du chiffre d'affaires réalisé par les firmes d'e-commerce belges en 2010 a augmenté de 28 % par rapport à l'année précédente.
La Belgique est donc en train de rattraper à vive allure son retard par rapport aux autres pays européens. Une multitude de nouvelles entreprises prennent le train en marche.
Démonstration.
1. Tout le monde fait ses courses sur internet
Internet est devenu un média de masse, ce qui n'était pas le cas il y a dix ans. Un média qui a permis à la société Google de développer une affaire colossale de 200 milliards de dollars à partir de rien, enregistrant ainsi la plus forte croissance de tous les temps.
L'e-commerce aussi s'étend un peu plus de jour en jour. Nike annonce une croissance à deux chiffres de ses ventes en ligne pour le quinzième trimestre consécutif. Le site spécialisé FashionUnited rapporte que la vente en ligne d'articles de mode affiche une hausse globale de… 2 000 % sur la décennie.
Rien qu'en termes de chiffre d'affaires, l'e-commerce devient une industrie très florissante. Selon Test-Achats, les Belges dépensent annuellement près de 2,5 milliards d'euros via internet. Les produits les plus achetés en ligne sont les réservations de voyages et d'hôtels, suivis par les entrées de concerts ou de cinéma, les livres, les CD, DVD et les vêtements. L'offre croît également : le nombre de boutiques en ligne a augmenté d'un tiers sur une seule année.
2. Une activité à part entière
La chaîne de grands magasins américaine Macy's compte recruter ces deux prochaines années 700 personnes pour la gestion de ses ventes sur internet. Car l'e-commerce est un secteur à part entière avec lequel de nombreux détaillants ne sont pas encore suffisamment familiarisés, ce qu'ils constatent parfois à leurs propres dépens. Le spécialiste de la vente par correspondance 3 Suisses a notamment dû se séparer de 160 collaborateurs et La Redoute aussi a annoncé la fermeture d'une de ses succursales.
" Certains vendeurs par correspondance sont complètement passés à côté de l'e-commerce ", confiait récemment Gino Van Ossel, de la Vlerick Management School. Alors que d'autres marchands en ligne plus chanceux veillent à informer les clients potentiels en leur permettant, entre autres, d'étudier une pièce de vêtement sous toutes les coutures, le site de 3 Suisses n'offre rien d'autre - selon eux - qu'une simple copie de leur catalogue papier.
Les sociétés internet leur coupent l'herbe sous les pieds. La société Amazon vient par exemple d'annoncer la prochaine construction d'une unité logistique de 100 000 m² à côté de Duisburg, en Allemagne, parallèlement à la création de 1 000 emplois.
3. Les bons partenaires
Les sites qui tournent bien ont généralement besoin de partenaires. Une société comme Vente Exclusive attribue principalement son développement exceptionnel à la signature de nouveaux partenariats stratégiques. Des accords ont ainsi été conclus avec de grands noms de la mode comme Sports Group ou Mexx. La taille des partenaires est cependant un critère secondaire.
Leader sur le marché des coupons de réduction, le site Groupon se concentre par exemple sur les deals passés avec une multitude de partenaires, généralement de moindre envergure, tels que des restaurants, hôtels ou détaillants locaux. Il rend les offres de ces derniers plus attractives.
4. Boostés par l'esprit de groupe
Nombre de cyber-entreprises contemporaines doivent leur succès aux communities - soit au sentiment d'appartenance à un groupe. Le site Vente Exclusive se définit volontiers comme un " club d'acheteurs " de plus d'un million de membres en Belgique et aux Pays-Bas. Et un service tel que Groupon fait parvenir des offres via e-mail à un demi-million de Belges par jour, qui peuvent ensuite grouper leurs achats pour obtenir une belle ristourne. Le fait de regrouper ainsi une importante et active communauté de fidèles est très porteur.
Le meilleur exemple est celui du réseau social Facebook qui, grâce à ses 600 millions de membres, vaudrait déjà 40 milliards de dollars. La valeur de Twitter est estimée à 4,5 milliards de dollars, pour un " modeste " chiffre d'affaires annuel de 45 millions de dollars. Quant à Groupon, il a déjà décliné une offre de rachat de 6 milliards de dollars, jugée " décevante ".
Texte: William Visterin