Les salariés rejouent à saute-emploi
D’après ce sondage mené auprès d’un échantillon de 626 travailleurs, 1 employé belge sur 5 souhaite changer d’emploi. Premiers volontaires au départ : les jeunes (36 %), soit 1 travailleur sur 3. Leur motivation principale ? Le salaire (39 %), suivi par les opportunités de carrière (16 %) et les possibilités d’évolution (15 %).
« Les travailleurs ont repris confiance dans le marché du travail ; ils souhaitent, après quelques années de crise, d’économies et de stagnation salariale, tenter leur chance ailleurs », observe Franck Vanhaeke, sales manager chez Tempo Team.
Mais si 800.000 actifs seraient prêts à changer d’emploi en Belgique, peu d’entre eux concrétiseront leur désir. Les réticences sont nombreuses. En premier lieu, les travailleurs craignent que la nouvelle fonction ou le nouvel employeur ne soit pas nécessairement meilleur (52 %). En second, 1 travailleur sur 5 ignore si le prochain employeur pourra offrir un salaire équivalent ou supérieur (20 %).
Par ailleurs, 13 % des travailleurs reculent devant les efforts nécessaires pour trouver un nouvel emploi et une minorité (7 %) craint de devoir travailler plus. Les employeurs sont en train de faire deux découvertes : d’abord, que les deux années de crise, de dégraissage d’effectifs et de réduction des coûts ont anéanti le sentiment de loyauté des salariés à l’égard de leur entreprise, et ensuite que, dans l’esprit des salariés, l’argent ne fait pas nécessairement le bonheur.
« Bien sûr, les gens ne changent jamais d’emploi pour gagner moins, assure Franck Vanhaeke, sales manager chez Tempo Team, mais un meilleur salaire n’achètera pas leur loyauté. » De plus en plus, la préférence des salariés va en fait aux avantages qualitatifs, à l’amélioration du contenu et des conditions de travail.
« La grande exigence des salariés est le développement de carrière, qui leur permet de rester compétitifs dans des industries en perpétuelle évolution, observe Franck Vanhaeke. Ce qui incite un employé à rester, une fois obtenu un bon niveau de rémunération, c’est avant tout un environnement professionnel motivant et agréable, dans lequel il continue d’apprendre, se sent apprécié et utile, sous les ordres d’une direction qui le considère comme un atout et non comme un handicap. »
À moyen terme, le marché du travail sera confronté à une pénurie de main-d’œuvre. D’ici à 2015, la population européenne en âge de travailler aura diminué de moitié. De plus, si les flux d’immigration n’évoluent pas, entre 2010 et 2030, cette baisse se traduira par une perte de 20 millions de travailleurs.
« Dans un contexte de pénurie croissante sur le marché du travail, les employeurs chercheront de plus en plus souvent à engager dans le cadre de projets, ce qui renforcera encore la rotation des effectifs », observe Franck Vanhaeke. De tels développements auront un impact considérable sur la croissance économique et la compétitivité, les employeurs ayant alors des difficultés à trouver le personnel dont ils auront besoin. Dans ce contexte, la mobilité professionnelle joue un rôle essentiel tant pour les demandeurs d’emplois et les actifs que pour les employeurs.