Plus d'outplacement... pour moins de placement
Le nombre d’accompagnements à la recherche d’emploi payés par l’employeur après un licenciement a augmenté de 50 % l’an dernier. Mais : le taux de placement des candidats a chuté de 77 % en 2007 à 58 % au second semestre…
Le contraire, en ces temps de crise, eût été surprenant : les activités d’outplacement (aide à la recherche d’emploi payée par l’employeur à la suite d’un licenciement) ont « flambé » l’an dernier. Pas moins de 15.557 procédures d’outplacement ont été enregistrées en 2009, soit une hausse de… 51 % par rapport à 2008 !
Selon Federgon, la « fédération des partenaires de l’emploi », cette hausse fulgurante n’est pas à mettre exclusivement sur le compte de la multiplication des restructurations. Il s’agit aussi, même si ce n’est qu’en partie, du fruit d’une intégration « structurelle » de l’outplacement au sein du marché de l’emploi.
Plus grandes prise de conscience des entreprises
« Cette forte croissance, dont témoigne une multiplication par 3,5 du nombre de procédures en six ans, est aussi la conséquence d’une plus grande prise de conscience de la part des employeurs et des travailleurs de l’importance de l’outplacement », plaide-t-on chez Federgon où l’on pointe aussi « les initiatives réglementaires des dernières années (obligation de proposer cette aide en cas de licenciement d’un travailleur âgé de plus de 45 ans, NDLR) qui ont introduit certains mécanismes obligatoires en matière d’outplacement. »
Ceci étant, force est de constater qu’il en existe encore une grande variété dans l’usage. L’outplacement individuel représente en effet près de 60 % des procédures qui sont donc erronément systématiquement associées aux licenciements collectifs.
Dans ces derniers cas, il n’est d’ailleurs pas rare que d’autres mécanismes soient mis en place, sous la forme de cellules de reconversion qui, sous l’égide des partenaires sociaux, tendent parfois à laisser de côté les partenaires privés dédiés à l’outplacement.
Les ouvriers et les plus 45 ans
Quant aux personnes concernées, Federgon constate un élargissement des profils : initialement plutôt destiné aux cadres, l’outplacement concerne davantage les ouvriers aujourd’hui, et son utilisation tend aussi à se répandre au bénéfice des moins de 45 ans.
Qu’en est-il de l’efficacité ?
Il s’agit du revers de la médaille : les procédures sont en hausse… mais le « taux de placement » (le pourcentage de candidats qui retrouvent un emploi) est en baisse. L’efficacité de la procédure a chuté de 76,8 % en 2007 à 63 % en 2009, et Federgon constate « une forte chute du taux de placement entre le premier semestre (68,7 %) et le second semestre 2009 (58,6 %). »
Et ce, bien entendu, en raison de la crise qui limite le nombre de perspectives mais sans pour autant, heureusement, les fermer complètement. Plus que jamais convaincus de l’utilité de leur activité, les responsables de Federgon Outplacement en appellent d’ailleurs à une extension de celle-ci.
« L’outplacement joue un rôle important sur le marché du travail en y sécurisant les transitions professionnelles. Il constitue un instrument d’activation qui permet de réduire autant que possible les périodes d’inactivité », argumentent-il.
« En raison de cette importance, nous plaidons pour un élargissement de l’outplacement. Federgon propose dans ce cadre la mise en place d’un mécanisme de co-subsidiation par l’Etat et par les entreprises afin de ne pas trop alourdir, pour ces dernières, le coût des licenciements. »
Benoît July