"Une compensation des frais de restauration au lieu des chèques-repas"

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L’union des entrepreneurs indépendants Unizo veut réformer le système des écochèques et des chèques-repas. Stefaan Verlinden, directeur des grandes entreprises chez SD Worx, est entièrement d’accord. Il explique pourquoi.

1. Chèque-repas : coûts et dangers à foison

Du côté des employeurs, les coûts sont très élevés. Il y a les coûts de commande, de transaction et les coûts du fournisseur. Il y a également des frais par point de livraison, une entreprise ayant plusieurs filiales devra donc dépenser beaucoup en frais de distribution. Pour les PME, les coûts peuvent augmenter de jusqu’à 15 à 25%.

D’autre part, des risques sont lies aux chèques-repas en papier. Puisque les chèques ont des valeurs différentes, les caissières peuvent facilement se tromper, ce qui coûte énormément aux supermarchés.

Le stockage des chèque-repas est également problématique. Les tas de chèques qui doivent être conservés dans les bureaux pendant plusieurs jours avant d’être distribués représentent un montant important et présentent dès lors un gros risque pour la sécurité.

Cela vaut également pour les commerçants et les transporteurs, comme l’a démontré la récente attaque d’un transport de chèque-repas. Les chèques sont nominatifs, mais ne sont jamais contrôlés. Un voleur qui revendrait des chèques pourrait ainsi empocher une coquette somme.

2. Les chèques électroniques : une fausse alternative

Les chèques-repas sous forme électronique ne constituent pas une alternative valable. Comme l’a dit le ministre Vincent Van Quickenborne, des systèmes différents vont se concurrencer sur le marché: de cartes spéciales pour les chèques-repas, à des systèmes intégrés dans les cartes bancaires, en passant par le paiement par sms.

Ajoutons-y la période de transition, pendant laquelle les systèmes papier et électroniques coexisteront, et le chaos est complet. Davantage de complexité entraîne davantage de confusion et davantage de coûts.

Argument supplémentaire: maintenant que le porte-monnaie électronique Proton est en train de disparaître, est-il judicieux de créer un nouveau porte-monnaie électronique pour les chèques-repas? Ce n’était déjà pas une bonne idée de payer la compensation des frais de restauration sous forme de chèques alors que l’économie tout entière basculait vers le paiement électronique et nous risquons à présent de faire la même erreur avec le chèque électronique.

3. D’autres indemnités sont versées sur le compte du travailleur

Un argument qui pèse dans le débat est que, grâce aux chèques, il est plus facile de contrôler que l’indemnité des frais de repas est ‘bien utilisée aux fins auxquelles elle est destinée’. Cet argument ne tient pas la route.

Prenons par exemple l’indemnité verte ou l’intervention dans l’abonnement de transports en commun, pour lesquelles il n’existe pas de chèques. Des dizaines de milliers de navetteurs prennent chaque jour gratuitement le train jusqu’à leur lieu de travail. La plupart le font avec un abonnement de train qu’ils ont payé. Pour ces frais de transport, ils reçoivent une indemnité de leur employeur. Si l’on suit la logique des chèque-repas, l’employeur pourrait payer la compensation des frais de transport avec des ‘chèques-train’, que l’employé pourrait utiliser au guichet de la SNCB pour payer son abonnement.

Pourtant, les travailleurs ne reçoivent pas cette indemnité sous forme de chèque. Elle leur est versée chaque mois, en même temps que leur salaire. Le remboursement des frais de transport directement via la fiche de salaire ne semble pas être un problème. Mais c’en serait un de faire pareil avec les frais de restauration? Comprenne qui pourra.

4. Le système de chèques : un peu mesquin ?

Les travailleurs savent très bien comment dépenser leur argent. Avec le système de chèques-repas, les autorités se présentent comme big brother, qui va jusqu’à vouloir contrôler les dépenses alimentaires de ses citoyens.

Les autorités feraient mieux de simplement prendre acte du fait que les citoyens doivent se nourrir chaque jour et doivent pour se faire dépenser de l’argent, sans que cet argent soit ‘prédestiné’ aux dépenses alimentaires, comme dans le système des tickets alimentaires. L’argent qui serait versé sur le compte du travailleur en compensation des frais de restauration retrouverait de toute façon le chemin des supermarchés, snacks et restaurants.

Que faire?

C’est très simple: remplacer les chèques-repas par une compensation des frais de repas, qui répond à tous points de vue au principe des chèque-repas. Plus de tas de papier, pas de systèmes électroniques compliqués, mais une transition très simple vers la fiche de paie, pour que la compensation soit versée sur le compte du travailleur en même temps que le salaire, comme c’est le cas pour l’intervention dans les frais de transport.

Et pour l’ONSS, ce système serait également beaucoup plus transparent. Laissons donc le contrôle s’effectuer à ce niveau-là.