" Une voiture plus petite, mais davantage de congés "
intervieuw de Philippe Vranckx, directeur des ressources humaines pour la Belgique d'Altran, leader européen du conseil en innovation et en hautes technologies. Le groupe emploie 17 000 personnes, dont 750 consultants dans notre pays. Il propose à certains d'entre eux de renoncer à la voiture ou d'en choisir une plus petite en échange d'autres avantages… comme des jours de congé.
Quelle est votre perception de la voiture de société ?
"Elle constitue avant tout… un outil de travail : nos ingénieurs bougent beaucoup, dans le cadre de leurs missions de consultance auprès de nos clients, et ont donc besoin d'un véhicule. Cela étant, la voiture de société constitue aussi un facteur d'attractivité qui permet d'offrir un package concurrentiel à nos consultants. J'y vois aussi un vecteur d'image. Nous veillons par exemple à ce que notre flotte ne soit pas " tape-à-l'œil " - pas de voitures de sport ni de décapotables -, mais aussi qu'elle soit cohérente avec notre politique de responsabilité sociétale et soit, en particulier, efficiente sur le plan environnemental."
Quels sont les critères les plus importants aux yeux de vos collaborateurs ?
"Les gros véhicules de type 4x4 n'ont pas la cote et, du reste, nous avons revu notre car policy afin de limiter l'impact global de notre flotte qui intègre plusieurs centaines de voitures. Nos consultants ont par exemple accès à des BMW série 3 de dernière génération, dont les moteurs sont nettement moins polluants. Les plus jeunes peuvent démarrer au volant d'une Mini, par exemple, dont les émissions sont faibles… et qui est " sexy "."
Le modèle de la voiture est donc un élément essentiel du package ?
"Nous sommes actifs dans un secteur très concurrentiel, les ingénieurs étant très recherchés. Nous veillons donc, effectivement, à séduire les candidats par le biais de la voiture également : nous n'allons pas nous priver de cet élément de motivation. Mais proposer de belles voitures récentes offre d'autres avantages : en sus de l'impact environnemental, la sécurité est aussi appréciée par nos salariés."
La voiture de société est un must en Belgique. Comment gère-t-on une car policy ?
"Cette car policy fait l'objet d'une grande attention, non seulement parce qu'il s'agit d'un élément-clé de la rémunération, mais aussi parce que c'est la seule partie de celle-ci qui est directement visible. Il faut donc gérer cela avec beaucoup de doigté, de rigueur et de cohérence. Les règles doivent être impérativement claires et transparentes."
La perception de la voiture de société n'est-elle tout de même pas en train de changer ?
"Certains sont peu attachés à la voiture : ils négocient un modèle de catégorie inférieure, par souci éthique ou financier, ou privilégient le côté " pratique " de leur véhicule. D'autres sont même prêts à y renoncer… et nous sommes en mesure de répondre à cette demande, par le biais de notre programme SmartMove."
Concrètement ?
"Nos collaborateurs qui n'ont pas besoin de voiture peuvent y renoncer en échange d'autres avantages comme un abonnement aux transports en commun, un accès gratuit à un parc de voitures partagé et un vélo pliable haut de gamme. Cela ne concerne qu'un nombre réduit de personnes, qui habitent et travaillent à Bruxelles par exemple, mais les tests sont très positifs. Nous allons aussi proposer le choix d'une voiture plus petite - une BMW série 1 au lieu d'une série 3 par exemple - en échange de jours de congé supplémentaires. Ceci tend à prouver que, pour certains, la voiture de société n'est plus une vache sacrée…"
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