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Le handicap n’est plus vu comme un frein au travail

Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap a augmenté de 15 % en un an selon une étude d’Acerta. Des chiffres encourageants mais qui restent encore assez bas. Rencontre avec Marie-Laure Jonet, directrice et fondatrice de Diversicom, une ASBL qui facilite l’emploi pour les personnes en situation de handicap en région bruxelloise.
Temps de lecture: 3 min

D’après une récente étude, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap aurait augmenté de 15 % en un an, qu’est-ce que cela vous inspire ?

De l’enthousiasme et de la motivation. C’est en adéquation avec ce que nous ressentons sur le terrain, même avec un prisme plus petit que celui de l’enquête. Les entreprises ont l’air de se mobiliser davantage, ce qui est le signe d’une évolution positive du regard qu’elles portent sur le handicap. Et qui dit évolution du regard dit potentielle évolution des mentalités et des comportements.

Qu’est-ce qui a initié ce changement ?

J’ose penser que c’est grâce au travail du secteur associatif, supporté par certains acteurs publics, pour une sensibilisation la plus large possible. Tous ces efforts commencent tout doucement à porter leurs fruits. Si cette évolution n’a rien de révolutionnaire, elle est toutefois positive et encourageante.

On remarque d’ailleurs que certains secteurs engagent plus de personnes en situation de handicap que d’autres…

De manière générale, nous sentons une évolution positive dans les politiques de recrutement qui octroient une place croissante aux compétences particulières et à la valeur ajoutée humaine. De plus en plus de secteurs veillent à diversifier leurs canaux de recrutement pour trouver leurs talents. On l’observe par exemple dans l’Horeca où apparaît, depuis la sortie de la pandémie, l’envie de repenser la dynamique d’équipe pour y induire une nouvelle dimension d’inclusivité. La société au sens large ne perçoit plus le handicap comme un frein systématique, mais comme un « plus » potentiel. Quand un employeur a l’intelligence managériale de miser sur les « plus » de ses collaborateurs plutôt que de freiner face à des pensées limitantes, il s’autorise à construire une entreprise qui va tirer le meilleur parti de toutes les diversités (handicap, origine, âge, genre…).

Selon l’enquête, les PME sont aussi plus enclines à recruter des personnes en situation de handicap.

Certes, mais statistiquement, les PME sont plus nombreuses. Les PME sont des environnements propices au recrutement car elles sont plus agiles, aptes à s’adapter à d’éventuels besoins spécifiques, que les grandes entreprises, si elles restent figées dans des processus trop rigides.

Le taux a augmenté de 15 % en un an mais cela ne représente en fait que 0,27 % des travailleurs. Dans le secteur privé, un collaborateur sur 369 est en situation de handicap. Faut-il encore convaincre les entreprises ?

Il faut encourager l’ouverture, la curiosité des organisations. Nous répétons volontiers que les employeurs inclusifs et contents de l’être ont d’abord dû commencer par oser tenter l’aventure. Mais ils ne sont pas seuls : il existe des services pour les accompagner à toutes les étapes, sans oublier les aides à l’emploi à leur disposition. L’accent doit être mis sur les compétences. Ce n’est pas parce que vous avez un problème d’audition ou de motricité que vous ne pourrez pas faire votre travail, s’il est taillé pour vous. Les personnes en situation de handicap apprennent à compenser et à mettre des choses en place pour que leur handicap ne soit pas un frein dans leurs tâches.

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