Inspirations

Les conseils carrière de Marion Schoutteten

Fondatrice d’Orta, marque de mode belge et fière de l’être, Marion a démarré d’une page blanche, sans connexion, ni bagage spécialisé. Originaire de Lille, elle y fait ses armes chez Zadig & Voltaire et découvre le monde du travail, avant de s’installer à Bruxelles par amour et de lancer sa propre marque. Celle qui a remporté le dernier Bold Award Belgique en janvier dernier emploie aujourd’hui une trentaine de personnes entre la Belgique et le Portugal.
Par Florence Thibaut
Temps de lecture: 4 min

En 2022, Marion et son équipe faisaient le pari d’ouvrir un magasin physique.
En 2022, Marion et son équipe faisaient le pari d’ouvrir un magasin physique.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans la mode ?

C’est un domaine qui me captive depuis ma plus tendre enfance, même si ce n’est pas une passion familiale. Je ne viens pas d’une famille particulièrement artistique, mais je consultais avidement les magazines de mode. C’était un monde qui m’était a priori fermé, mais j’adore le challenge ! J’aime qu’on me dise que ce n’est pas pour moi. J’ai mis un pied chez Zadig & Voltaire comme étudiante en parallèle à mon cursus en communication et je n’ai plus quitté le secteur. Je suis rapidement passée responsable du corner de trois étages au Printemps. J’ai compris que je pouvais faire la différence avec mon travail et mon énergie.

Quelle ont été les rencontres décisives dans votre carrière ?

La première, c’est forcément mon coup de foudre avec Gauthier Prouvost. Je vivais alors à Londres. Je suis partie rendre visite à une amie au Portugal et je l’ai rencontré en voyage. Deux mois plus tard, je m’installais à Bruxelles. C’était une évidence. Il m’a encouragé dès le départ à croire en mon projet. Orta est née dans ma cuisine avec 15.000 euros. Les premiers mois, je travaillais avec une modéliste qui me faisait cinq modèles par mois. Gauthier est devenu mon mari, puis mon associé. On a tout vécu à deux. Ma deuxième rencontre décisive a été avec Claire Laurençon, ma première directrice financière. Elle m’a apporté beaucoup de rigueur et de structure. Grâce à elle, je m’ouvre à d’autres compétences. Et puis pour la première fois, Orta a accès au financement bancaire. Cela crée de nouveaux horizons.

Quelle a été la leçon de l’an passé ?

Je me suis vraiment rendu compte que ce n’était pas grave de faire les choses autrement et à sa manière. Je n’avais pas les codes quand j’ai débuté dans la mode, ni de contacts dans le milieu et j’ai dû enfoncer les portes. Je ne suis ni styliste ni designer et je n’ai pas un parcours typique. Recevoir le dernier Bold Award remis par Veuve Clicquot, fer de lance du groupe LVMH, en début d’année m’a vraiment porté et donné beaucoup d’énergie comme entrepreneuse. Je suis très fière de ce prix.

Qu’est-ce qui vous attend cette année ?

Après avoir créé une viscose 100 % européenne, nous travaillons sur une nouvelle matière durable, encore gardée secrète à ce stade. Nous réfléchissons également à ouvrir une boutique à Lille, mais nous voulons bien faire les choses. Ouvrir notre Baraque, le flagship de la marque, à Bruxelles fin 2022 était un choix instinctif et naturel. Nous sommes fiers d’être une marque bruxelloise. Nos bureaux sont à deux pas de la rue Jean Stas. Nous faisons de nombreux pop-up dans différentes villes. C’est un excellent test pour sonder les marchés. Notre but est de grandir, mais de manière raisonnée et d’offrir une vraie expérience à notre communauté. On reste une marque digitale, mais de nombreuses clientes ne passaient pas à l’achat sans boutique. Le choix d’un magasin physique était un pari gagnant.

Quels seraient vos trois conseils à un talent ?

Il faut pour moi partir du principe que l’argent investi est perdu, cela met moins de pression. Si on est dans une phase de survie, on prend les mauvaises décisions. Ensuite quand on y va, il faut y aller à fond et ne rien regretter. C’est vraiment un état d’esprit à adopter. Ensuite, je crois beaucoup en la fidélité. Il faut savoir d’où on vient. Je travaille toujours avec les mêmes usines en France qui m’ont fait confiance au début de la marque. C’est une valeur fondamentale dans le business et ailleurs.

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