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La formation continue des pays scandinaves : pour plus de flexisécurité ?

Bien plus que chez nous, les pays scandinaves misent sur la formation tout au long de la vie. Il en découle une plus grande « flexisécurité » caractérisée par une plus grande flexibilité de l’entreprise d’une part, et une plus grande sécurité pour les salariés d’autre part. Un modèle à suivre ?
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Le modèle scandinave est souvent brandi comme un exemple à suivre, que ce soit dans le domaine de l’enseignement, du chômage, ou encore du dialogue social. Ce que l’on sait moins, c’est que la formation professionnelle continue fait aussi partie de son ADN. Elle est en effet plus élevée que la moyenne, en tout cas plus que dans les principaux grands pays européens. La Norvège se trouve toutefois un peu en retrait par rapport à la Suède et au Danemark.

Une bonne gestion du budget

On pourrait croire que les pays scandinaves investissent massivement dans les formations continues. Ce n’est pourtant pas le cas : les coûts induits sont en effet inférieurs à la moyenne européenne en Norvège et au Danemark (en Suède, on dépasse toutefois de 13 % la moyenne de l’UE).

Quel est l’intérêt de la formation continue ?

En regard des mutations technologiques et organisationnelles en cours, une mise à jour continue des qualifications prend de plus en plus de sens. De plus, le vieillissement de la population active nécessite une remise à niveau des employés afin d’augmenter l’adaptabilité et « l’employabilité » des travailleurs. Sans oublier les demandeurs d’emploi et les salariés peu qualifiés, qui risquent à tout moment de perdre leur travail.

Une formation tout au long de la vie en Suède

En Suède, la loi donne au citoyen un droit d’accès à la formation tout au long de la vie. Il n’est donc pas étonnant que les deux tiers des Suédois adultes se forment chaque année. Il ne s’agit pas là d’une stratégie nationale, mais d’une réalité vécue. De multiples passerelles permettent notamment de rattraper une scolarité secondaire inaboutie.

Ces formations sont dispensées via 150 « écoles populaires » (folkhögskolor), dont les cours sont gratuits, et visent à l’apprentissage de métiers variés. La durée de ces formations est à géométrie variable : de quelques mois jusqu’à trois ans. Quant à leur financement, il est assuré à hauteur d’environ 70 % par l’État.

Les employeurs à l’initiative de formations doivent quant à eux en supporter les coûts. Ces formations peuvent prendre la forme de conférences, ateliers ou séminaires organisés pendant les heures de travail.

En ce qui concerne les demandeurs d’emploi, les formations peuvent durer jusqu’à deux ans et doivent porter sur les métiers en tension (il existe aussi des formations d’insertion de courte durée de maximum six mois à destination des demandeurs d’emploi).

Plus de rapidité au Danemark

La formation continue est envisagée de façon quelque peu différente au Danemark. En effet, le pays mise davantage sur des formations courtes (une semaine en moyenne, mais entre une demi-journée et 50 jours en réalité), destinées aux moins qualifiés. Il existe 3 000 modules, qui portent sur un large éventail de compétences. Comme son voisin suédois, le système danois met l’accent sur la formation des demandeurs d’emploi et des moins qualifiés. Dans ce cas, toutefois, le financement est assuré par une contribution forfaitaire des employeurs (récupérable si l’employeur embauche des apprentis) et l’État, qui finance les prestataires qui délivrent l’AMU (Aide Médicale Urgente). Les demandeurs d’emploi ne paient donc pas. L’État octroie en plus une subvention à l’employeur lorsque la formation est suivie sur le temps de travail.

Des formations informelles en Norvège

Si les entreprises norvégiennes sont très nombreuses à former leurs salariés (86 % selon Eurostat), la formation continue y est moins répandue qu’en Suède et au Danemark (même s’il reste bien au-dessus de la moyenne européenne).

En Norvège, on note un plus grand nombre de formations informelles au sein de l’entreprise (15 points d’indice au-dessus de la moyenne européenne).

L’accent est davantage mis sur la formation de la jeunesse, même si les adultes ont aussi le droit d’intégrer le système en alternance, si leur niveau de qualification est faible.

Enfin, les demandeurs d’emploi et les salariés en danger de perdre leur emploi par manque de qualifications sont également plus accompagnés qu’ailleurs.

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