Santé

Le cerveau dévoilé comme jamais auparavant par l’IRM la plus puissante au monde

Ce mardi, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a dévoilé les premières images du scanner IRM le plus puissant du monde baptisé Iseult qui a cartographié pour la première fois le cerveau humain. Sa précision hors normes ouvre la voie à une meilleure compréhension des maladies neurologiques et psychiatriques.
Par Yasmine El Manzah (st.) avec AFP
Temps de lecture: 1 min

Ce mardi matin, Nicolas Boulant, directeur du CEA, présentait avec enthousiasme le fruit de ses efforts et ceux de ses équipes : le scanner IRM le plus puissant du monde. Après deux décennies de recherche et développement, le CEA dévoile enfin la première série d’images du cerveau capturées par ce scanner révolutionnaire, baptisé « Iseult ». Cette avancée vise à créer un outil d’imagerie sans précédent du cerveau humain, offrant des « insights » inédits sur sa structure, ses connexions et son activité, qu’il soit sain ou atteint de maladies.

« Surveillez nos résultats, ça va décoiffer », promet Nicolas Boulant à nos confrères du Parisien. En effet, les images de cerveaux obtenues par Iseult, montrent une précision inégalée par rapport aux IRM hospitaliers. L’outil est doté d’un champ magnétique impressionnant de 11,7 teslas, contre 1,5 ou 3 teslas pour les IRM basiques. Les résultats qu’il obtient en « scannant » un cerveau humain pendant quelques minutes sont beaucoup plus précis, comme le montrent les images comparées avec celles obtenues par un IRM de 3 ou 7 teslas.

Sans danger pour la santé ? Une vingtaine de volontaires en bonne santé ont participé à l’expérience, à l’intérieur de cet aimant de 132 tonnes logé dans un cylindre de 5 mètres de long. Les résultats des tests, y compris ceux sur le plan physiologique, effectués sur ces participants « scannés » par Iseult, sont rassurants quant à l’absence d’effets sur la santé.

Mieux comprendre les maladies neurodégénératives et psychiatriques

En 2021, le CEA avait déjà dévoilé de premières images d’un potimarron entier, choisi pour ses textures multiples et variées. Ses pépins et ses fibres étaient parfaitement visibles. Cette fois, les personnes volontaires devaient rester immobiles à l’intérieur de l’aimant. A présent, Iseult pourrait nous aider à mieux cerner les zones qui s’activent dans le cerveau lors de la réalisation de certaines tâches, y compris celles de la vie quotidienne comme la lecture d’un livre. Cet appareil pourrait aussi permettre de mieux comprendre le fonctionnement des maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, etc.) ou psychiatriques (schizophrénie, troubles bipolaires, etc.). « Le lithium est utilisé en tant que médicament pour traiter la schizophrénie et le trouble bipolaire, mais son action n’est pas très bien comprise. Iseult pourra permettre de mieux cartographier son effet et cerner son rôle », illustre Nicolas Boulant.

Le scanner Iseult déployé dans tous les hôpitaux ?

Et bien non ! L’exploration des cerveaux de patients malades n’est pas prévue dans l’immédiat, et cet appareil ne sera pas déployé dans tous les hôpitaux à court terme. Cependant, ses capacités pourraient être exploitées à l’avenir. Le développement à grande échelle de cette « super IRM », en partenariat avec l’université de Freiburg en Allemagne, se heurterait néanmoins à un obstacle majeur : son coût. Un investissement total de 70 millions d’euros a été réalisé, dont 58 millions d’euros pour la construction de la seule pièce centrale de l’aimant.

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