RSE et durabilité

Énergie : l’efficience vs la sobriété 

C’est l’un des piliers du Manifeste de la Fondation Solar Impulse et l’un des mantras de son président : « l’efficience énergétique », à laquelle il appelle avec insistance. Concrètement, de quoi s’agit-il ? « De faire mieux en consommant moins, décode Bertrand Piccard. Moins d’énergie, moins de ressources, en faisant moins de gaspillage. Quand on est efficient, on pollue moins et la marge bénéficiaire est plus haute puisque chaque gramme de CO2 émis dans l’atmosphère équivaut à des euros perdus parce qu’on utilise beaucoup trop de ressources. Or, à peu près les trois quarts de l’énergie produite dans le monde sont aujourd’hui gaspillés, par des comportements inadéquats ou parce que les infrastructures, les systèmes, ne sont pas efficients. Si, par exemple, en France, on n’utilisait que des ampoules LED pour les éclairages publics, on économiserait assez d’électricité pour alimenter 7 millions de voitures électriques tous les jours. Et si on remplaçait les radiateurs électriques par des pompes à chaleur on consommerait 80 % moins d’énergie. »
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Brièvement dit, « l’efficience énergétique est une diminution de consommation avec un bénéfice : on a plus en consommant moins ; alors que la sobriété énergétique est une diminution de consommation avec un sacrifice : on a moins en consommant moins. ». Dans cette optique, et parmi les mesures proposées par le Manifeste, celui qui est aussi ambassadeur de bonne volonté du Programme ONU pour l’environnement, en dégage trois, prioritaires à ses yeux :

1

Réutiliser la chaleur perdue, celle des parkings souterrains, celle des égouts, celle des data-centers, celle des cheminées d’usine, qui sont aujourd’hui perdues.

2

Aller beaucoup plus dans l’économie circulaire, notamment avec la gestion des déchets.

3

Généraliser l’énergie renouvelable, parce que ça permet d’avoir de l’énergie sur place, décentralisée et beaucoup moins chère que les énergies fossiles.

Le danger de l’effet rebond

La position de Chloé Mikolajczak, activiste du climat, est tout autre, privilégiant la sobriété : « Oui, il faut de l’efficience, oui il faut une réduction de la consommation d’énergie et de la consommation de ressources. Mais ça doit être accompagné d’un changement de la façon dont on vit aujourd’hui, façon qu’on doit réinventer. C’est plus confortable de se dire qu’on ne va pas trop changer et qu’on va se focaliser sur des mesures technologiques, comme l’efficience, alors qu’on est dans une situation de crise tellement extrême que le confortable ne suffit plus : il faut comprendre qu’on va devoir toutes et tous changer drastiquement notre mode de vie. Et je constate, plutôt chagrinée, que beaucoup de propositions des décideurs ont tendance à s’appuyer, énormément, sur un type de solutions et surtout sur un type d’acteurs pour effectuer le changement. Alors qu’on doit au contraire avancer main dans la main : les décideurs, les citoyen(ne)s et les entreprises. En faisant chacun et chacune des efforts. »

Le ministre Gilkinet nuance : « L’efficience est souhaitable. L’effet rebond – soit une consommation supplémentaire parce qu’on a amélioré les performances, notamment énergétiques, des bâtiments ou des moyens de déplacement – ne l’est pas, puisqu’il annule celui de l’efficience. Et la meilleure des énergies étant celle qu’on ne consomme pas, je pense que la sobriété énergétique n’est pas incompatible avec l’efficience. L’efficience est l’un des moyens d’arriver à une plus grande sobriété, à un moindre gaspillage des ressources naturelles. »

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