Enquêtes et analyses

Le manque de reconnaissance créateur de stress au travail

Ce n’est pas ou plus le volume écrasant de travail qui crée le plus de stress dans les équipes, mais bien le manque de reconnaissance en interne et une mauvaise qualité de feed-back donné. C’est ce qui ressort d’une étude européenne sur le stress professionnel réalisée par le groupe Page Personnel. Face à ce constat, retour à l’humain et aux échanges entre collègues.
Par Florence Thibaut
Temps de lecture: 3 min

Olivier Dufour, CEO de Page Personnel, insiste sur l’importance d’un cadre de travail clair et des objectifs précis pour diminuer le niveau de stress des équipes.
Olivier Dufour, CEO de Page Personnel, insiste sur l’importance d’un cadre de travail clair et des objectifs précis pour diminuer le niveau de stress des équipes. - DR

Plus de 50 % des employés auraient déjà pensé quitter leur job en raison du stress et on évalue à 20 % ceux qui l’auraient vraiment fait. « Reconnaître son stress, l’admettre publiquement et vouloir se sortir de situations difficiles sont des attitudes de plus en plus autorisées socialement. On parle plus ouvertement de ces sujets », explique d’entrée de jeu Olivier Dufour, CEO de Page Personnel Belgique, un spécialiste du recrutement, qui vient de participer à une étude sur le stress au travail à l’échelle européenne.

« On remarque des différences générationnelles par rapport aux attentes au travail. Les collaborateurs entrés sur le marché du travail il y a une trentaine d’années souhaitaient avant tout répondre à leurs besoins de sécurité et de stabilité, les fameux besoins primaires identifiés comme tels sur la pyramide de Maslow. Post-Covid 19, les plus jeunes générations recherchent davantage l’épanouissement de soi, la validation hiérarchique et la reconnaissance sociale. Les plus jeunes veulent être récompensés pour ce qu’ils apportent. On sort des besoins de base ».

Déconnecter et se recharger

Selon les résultats de l’enquête menée par le groupe, 89 % des employés ressentent du stress au travail. 50 % d’entre eux envisagent même de claquer la porte pour cette raison. Et Olivier Dufour de poursuivre : « Avec la connexion permanente, on a parfois l’impression d’être constamment débordés et sous pression, sans jamais voir le bout de sa to do list. Nous constatons un nombre grandissant de personnes qui démissionnent à cause de leur niveau de stress, en particulier dans le cas des plus jeunes travailleurs. Quand l’équilibre vie privée-vie professionnelle penche trop d’un côté, certains jettent l’éponge. »

Ainsi, certains ne parviennent plus à laisser leur stress au bureau et à déconnecter. « Nos parents ont connu des week-ends et des vacances sereins, sans mails ni notification, ce n’est plus possible aujourd’hui. Se forcer à débrancher et trouver des moyens de se recharger est absolument indispensable pour chacun. Ensuite, on a besoin de liens sociaux. Mon conseil serait d’être le plus possible au côté de ses collègues, d’être présents au bureau et de recréer du lien. La vie sociale est faite de formel et d’informel. Les échanges humains aident à lutter contre le stress ».

Demander et donner du feedback

Une grande partie de ce stress trouve son origine dans une reconnaissance perçue comme trop faible pour 39 % des répondants. Pour 28,6 %, c’est la charge de travail qui pose problème, puis le déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée pour 26,2 %. On peut pointer comme facteurs explicatifs, un manque de feedback, des évaluations peu claires, ainsi qu’un sentiment de solitude accentué par le boom du télétravail. « La norme de réussite est devenue plus floue, tout comme le cadre et le temps de travail. Les horaires flexibles créent parfois l’impression de n’avoir jamais fini. Avoir des référents communs est essentiel pour s’auto-évaluer et se comparer aux autres. Il faut une grille d’évaluation claire, des règles connues de tous et une bonne compréhension des attentes et objectifs de chacun. L’incertitude crée beaucoup de stress ».

Dans ce contexte, le rôle du manager est déterminant. Il lui faut motiver, rassurer, conseiller et informer ses équipes en permanence, tout en détaillant les objectifs individuels et collectifs. « Une entreprise, c’est avant toute chose la poursuite d’un objectif commun. Dans toute activité, on peut rechercher l’excellence. Le mettre en mots est très important. L’organisation doit avoir un message clair afin que les collaborateurs perçoivent qu’ils contribuent à un projet global, qui les dépasse, et qu’ils soient engagés. Ils ont besoin de sens, au-delà d’un discours marketing. Sans cela, c’est impossible de les mobiliser et de les garder ».

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