Bien-être

Les indépendants sont-ils plus heureux ?

Horaires flexibles, autonomie, créativité, opportunités… Le statut d’indépendant est attractif, même s’il compte aussi des aspects moins agréables : revenu irrégulier, accès plus difficile au crédit, précarité… Mais cela impacte-t-il le niveau de bonheur ? Article réservé aux abonnés
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Une vaste enquête réalisée dans six pays différents, entre l’Europe et les États-Unis, a montré que 20 à 30 % des travailleurs de ces régions étaient indépendants, soit 162 millions de personnes. Il en est ressorti que les personnes exerçant une activité professionnelle indépendante par choix étaient les plus épanouies (davantage que les salariés). D’ailleurs, toujours selon cette même étude, un salarié sur six aspirerait à devenir indépendant. D’un autre côté, tout n’est pas toujours rose pour les indépendants non plus : un tiers d’entre eux subissent en effet la situation et n’ont pas d’autre choix malgré l’insécurité liée à leur niveau de revenu et à son irrégularité.

4 catégories d’indépendants coexistent

D’après la même étude de McKinsey Global Institute, les travailleurs indépendants se divisent en quatre catégories. Tout d’abord les « agents libres » (30 % des free-lances) qui ont choisi leur situation et tirent leurs revenus de cette activité. Ensuite, les indépendants occasionnels (40 %) qui choisissent de compléter leur revenu de base par une activité indépendante. Enfin, les « réticents » (14 % des travailleurs indépendants) qui tirent leur premier revenu d’un travail indépendant mais n’en ont pas fait le choix. S’ils en avaient la possibilité, ils préféreraient d’ailleurs être salariés. Enfin, environ 16 % sont obligés de trouver une source de revenu supplémentaire par le travail indépendant, par pur besoin financier.

Les « débutants » sont plus heureux

La crise du coronavirus a incité de nombreux Belges à se réorienter, et ce, malgré la conjoncture. Et ceux qui ont franchi le pas ne le regrettent pas. En effet, sept personnes sur dix qui se sont lancées à leur compte sont plus heureuses que lorsqu’elles travaillaient encore comme salariées. Et ce, en dépit de la crise sanitaire et de la situation économique difficile. Tels sont en tout cas les résultats du baromètre bisannuel Starters de la société de services RH Acerta. Concrètement, 69 % ont déclaré être plus heureux ou beaucoup plus heureux, 24 % tout aussi heureux, 6 % moins heureux, et 2 % beaucoup moins heureux. Néanmoins, 58 % ont admis ressentir du stress à cause de leur travail. Mais qui ne le serait pas lors du lancement d’une nouvelle activité professionnelle ?

Plus d’autonomie et de flexibilité

Le niveau de bien-être professionnel des travailleurs belges est de 6,9/10, selon une enquête de Securex. Les indépendants sont néanmoins mieux lotis avec une note de 7,3/10 (contre 6,8/10 pour les ouvriers et 6,7/10 pour les employés). Le fait d’aimer son travail, de jouir d’une certaine autonomie et de flexibilité – des qualités propres à l’indépendant – joue en effet énormément sur le bien-être au travail.

« Je ne regrette pas de m’être lancée comme indépendante, explique Sarah, coach en entreprise. Le statut est plus exigeant, mais j’ai le sentiment d’être responsable de mon bateau, là où je me sentais infantilisée par mes patrons lorsque j’étais employée. J’ai le sentiment d’être passée « à l’âge adulte » de la vie professionnelle. C’est très gratifiant, même si les responsabilités – et donc le niveau de pression – sont aussi plus grandes. »

Ce que veulent les indépendants

D’après une étude réalisée par nos voisins français, les indépendants attendent des efforts supplémentaires de la part de l’État au niveau des droits sociaux (80 % des répondants), de la sécurisation du patrimoine (61 % des sondés), de la simplification des démarches et obligations administratives (70 % des plus de 55 ans), de l’accès à la formation professionnelle et de l’isolement (50 % des indépendants ne se sentent pas assez entourés).

Toutefois, dans l’hexagone aussi, les indépendants seraient plus heureux : 70 % d’entre eux s’affirment en effet satisfaits de leur travail, contre 55 % des salariés. 88 % des travailleurs indépendants souhaitent par ailleurs le rester (90 % chez les femmes, nombreuses à avoir été licenciées pendant la pandémie ou à avoir été contraintes à quitter leur emploi pour s’occuper de leurs enfants).

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