Reconversion

Ils ont changé de carrière et ne le regrettent pas…

De plus en plus de reconversions surviennent aux détours de la trentaine ou de la quarantaine (et parfois même plus tard). Le début d’une nouvelle vie qui apparaît souvent comme un nouveau départ, plus proche de ses valeurs, de sa personnalité, et de ses talents.
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Ces dernières années, et particulièrement depuis la crise du Covid, on observe une augmentation des réorientations professionnelles.

La dernière étude de Partena Professional réalisée dans le cadre du Smart HR Day sur le bien-être des travailleurs en Belgique a d’ailleurs dévoilé que plus d’un Belge sur trois envisageait de changer d’emploi dans un avenir proche, mais que 14 % étaient plutôt susceptibles de chercher un nouveau défi auprès de leur employeur actuel. De plus, et ce n’est pas rien, 42 % des travailleurs qui voulaient changer d’employeur souhaitaient aussi changer de secteur.

À la recherche de l’équilibre

Le travail compte au moins deux dimensions : la première est purement pratique et permet de gagner sa vie. La deuxième tient davantage de l’épanouissement personnel. Or, avec l’âge, se rapprocher de sa propre nature se fait de plus en plus pressant.

Selon l’étude nouvelleviepro.fr menée en ligne auprès de plus de 2000 actifs en France, 53 % des personnes reconverties ont opéré un changement professionnel pour retrouver une activité plus en phase avec leurs valeurs. Les autres raisons invoquées étaient « J’avais fait le tour de mon poste et je m’ennuyais », « Je souhaitais de meilleures conditions de travail », « Je devais rebondir après un incident professionnel (licenciement, restructuration, etc.) », « Suite à des problèmes de santé (maladie, burn-out, etc.) » , « Je souhaitais une meilleure rémunération », « Je souhaitais devenir entrepreneur/chef d’entreprise », « Des contraintes familiales m’y poussaient (suivi de conjoint, arrivée d’un enfant) », « J’avais envie de nouveaux horizons (géographiques) », et enfin, « Pour gagner en liberté »).

De l’événementiel à la communication animale

France, la quarantaine, a travaillé dans l’événementiel pendant 18 ans.

« Pendant le covid, l’organisation d’événements a été mise à l’arrêt. Il s’agissait pour moi d’une opportunité pour me tourner vers les animaux, que j’avais toujours adorés. J’ai alors suivi une formation de coach en comportement canin. Cela m’a tellement plu que j’ai enchaîné avec une autre formation, plus poussée. Ce n’était pas évident de se replonger dans les études à mon âge, mais j’étais tellement passionnée par ce que j’apprenais, que j’ai obtenu mon diplôme de comportementaliste canin avec grande distinction. J’ai ensuite enchaîné avec une formation de comportementaliste félin. »

Après un stage de six mois dans un centre de bien-être animal, France a commencé à mettre en pratique ce qu’elle avait acquis, tout en continuant à apprendre sur le terrain. Aujourd’hui, France travaille à son compte, et suit en parallèle d’autres formations pour peaufiner son expertise. « Le sujet est tellement passionnant que l’on n’en finit jamais ! », s’enthousiasme celle qui ne regrette pas d’avoir changé de secteur à un âge ou d’autres commencent doucement à regarder la retraite se profiler.

De cadre dirigeante à naturopathe

Ancienne cadre supérieure à Paris dans une chaîne de restauration et fan de course à pied, Laura a changé de carrière de façon assez surprenante. « À l’âge de 40 ans, je me suis retrouvée face à une arthrose particulièrement handicapante au niveau des genoux. J’ai décidé de tester toutes les solutions pour éviter la pose de prothèses. Pendant un an, j’ai essayé non moins de 20 remèdes et traitements : kiné, semelles, injections, compléments alimentaires, ventouses, jeûne, médecine indienne, gym, magnétisme, ostéopathie, phytothérapie, alimentation… Un an plus tard, les douleurs avaient disparu et j’avais retrouvé toute la fluidité de mes mouvements. J’ai alors décidé de changer de voie pour aider les autres de la même façon que j’avais été aidée. » Laura décide alors de quitter Paris et l’entreprise pour laquelle elle travaillait depuis plus de 16 années, pour vivre plus harmonieusement. La santé et le bien-être deviennent son moteur au point d’entreprendre une reconversion professionnelle. Au fil de ses formations successives, Laura devient naturopathe, sympaticothérapeute, auriculothérapeute, conférencière et auteure. Elle a en effet écrit plusieurs livres sur son expérience personnelle, mais aussi sur d’autres sujets santé qui lui tiennent à cœur.

Plusieurs vies en une…

Certains changent de voie une fois. C’est déjà audacieux, grandiose, et courageux. D’autres le font plusieurs fois, jusqu’à trouver leur véritable chemin. C’est le cas de Jean-Cédric, aujourd’hui âgé de 58 ans. D’abord gestionnaire d’une boîte de pub à Bruxelles, il laisse un jour vagabonder son regard par la fenêtre, lors d’une réunion, et aperçoit des arbres, de la végétation.

« Tout à coup, j’ai su que mon avenir était là. J’ai revendu ma société et j’ai décidé de partir vivre dans les Ardennes, sans trop réfléchir. Mon entourage me prenait pour un fou, mais cela ne m’a pas découragé. Pour réaliser ses rêves, il faut parfois aller à contresens. » Pourtant, le Bruxellois n’avait pas de solution concrète en main, la seule chose qui lui importait étant de « vivre au vert ». « J’ai découvert que pour se rapprocher de ses buts, il était essentiel de rester en mouvement perpétuel. Qu’il y avait parfois des chemins de traverse, mais qu’il ne fallait jamais se décourager, et garder les yeux fixés sur son objectif. »

Une première opportunité lui est offerte un peu par hasard, via les cours d’hélicoptère qu’il fréquente. Jean-Cédric y rencontre un Ardennais travaillant dans le secteur du tourisme. « Il y avait un créneau professionnel possible pour moi. Ce n’était pas totalement mon rêve, mais je m’en rapprochais doucement. J’ai donc accepté de m’associer à un nouveau groupe de tourisme. Cela m’a permis de gagner ma vie tout en habitant dans les Ardennes. »

À cette époque, il met la main sur un terrain de 9 hectares. « Pour le financer, j’ai revendu mon appartement bruxellois. Je savais, lorsque je m’y promenais, que j’avais fait le bon choix, sans vraiment savoir où cela me mènerait ».

Après 7 ans passés dans le secteur touristique, Jean-Cédric revend son affaire, car il a besoin davantage d’éthique et de valeurs humaines. Il reprend alors des études en médecine naturelle avant de démarrer une autre formation en permaculture et en agroécologie. Le voilà fin prêt à réaliser son véritable rêve : vivre dans et de la nature, se nourrir de la terre (ses œufs, son potager…), tout en lançant une activité économique respectueuse de l’environnement (des cours et ateliers de design en permaculture, de création de potager, d’autonomie alimentaire, d’écoconstruction…) Tout cela en proposant du coaching en parallèle.

Quelques chiffres autour du changement d’emploi

  • Selon les chiffres de Partena Professional, plus d’un travailleur sur deux (51 %) entre 18 et 29 ans indique vouloir changer d’emploi, même si 25 % préféraient que ce soit auprès de leur employeur actuel.
  • 6 % des jeunes envisagent de devenir indépendants. Il s’agit du groupe d’âge le plus intéressé par cette option (contre à peine 3 % des travailleurs belges en moyenne).
  • Plus la taille de l’organisation augmente, moins les travailleurs souhaitent la quitter. 43 % des employés d’une entreprise de moins de 20 salariés envisagent en effet de chercher un nouvel emploi
  • 40 % des hommes (contre 30 % des femmes) penchent en faveur d’un changement d’emploi.
  • Les travailleurs néerlandophones sont plus enclins à vouloir changer d’emploi (selon l’étude de Partena, 53 % des travailleurs néerlandophones veulent changer de poste). En Wallonie et à Bruxelles, ce taux n’est respectivement que de 34 et 33 %.
  • 42 % des travailleurs souhaitant changer de poste indiquent vouloir complètement changer de secteur dans leur futur mandat. Seuls 24 % affirment vouloir rester dans leur secteur d’activité actuel.
  • La motivation principale pour changer d’employeur est la volonté des travailleurs de faire quelque chose de différent (34 %), et 33 % de ceux voulant changer d’employeur évoquent le fait de ne pas avoir un salaire assez élevé ou de ne plus pouvoir évoluer dans l’organisation actuelle. Enfin, 27 % des employés désirant changer d’emploi mettent en cause une pression trop forte.
  • 85 % de l’ensemble des travailleurs interrogés par Partena Professional estiment que leur employeur offre un environnement de travail stable et une sécurité d’emploi suffisante. Alors que la rémunération est conforme aux attentes de 81 % des employés, près d’un travailleur sur deux (49 %) n’est pas satisfait du montant de la prime ou du bonus lorsque les résultats fixés sont atteints.
  • Le bien-être au travail est l’un des points à améliorer évoqués pour 46 % des travailleurs interrogés. De meilleures perspectives de carrière sont aussi souhaitées pour 42 % d’entre eux.

Source : Partena Professional​

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